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Indignation en France après l'attaque de la "flottille de Gaza"

Embarcations israéliennes en phase d'approche d'un des six bateaux qui faisaient route en mer Méditerranée vers Gaza. Les réactions indignées se sont multipliées lundi en France, après l'assaut meurtrier des forces israéliennes contre une flottille humani

Embarcations israéliennes en phase d'approche d'un des six bateaux qui faisaient route en mer Méditerranée vers Gaza. Les réactions indignées se sont multipliées lundi en France, après l'assaut meurtrier des forces israéliennes contre une flottille humani - -

PARIS - Les réactions indignées se sont multipliées lundi en France, où des manifestations étaient prévues, après l'assaut meurtrier des forces...

PARIS (Reuters) - Plus d'un millier de personnes ont manifesté lundi à Paris dans un climat tendu pour protester contre l'attaque israélienne de la "flottille" pour Gaza.

Des heurts ont eu lieu dans le secteur des Champs-Elysées avec la police, qui a répliqué à des jets de pierre avec des tirs de gaz lacrymogène.

La manifestation était organisée près de la station de métro Franklin-Roosevelt, dans le VIIIe arrondissement de la capitale, non loin de l'ambassade d'Israël.

Les manifestants, au nombre de 1.200 à 19h00 selon la police, plus de 2.000 selon les organisateurs, répondaient à l'appel de différents partis et associations dont le Parti de Gauche, les Verts, l'Union juive française pour la paix (UJPF), Sud-Etudiant et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap).

"Israël assassin, Sarkozy complice", "Fermez l'ambassade des assassins israéliens", scandaient les manifestants, qui ont tenté de bloquer la circulation sur l'avenue des Champs-Elysées où ils ont déployé un immense drapeau palestinien.

"Massacrer des gens qui apportent de l'aide humanitaire, même l'Iran, qui vous voulez, ne le ferait pas", a dit un manifestant ayant requis l'anonymat. "Israël, que l'on encense tout le temps, tout ce qu'ils font, ça passe", a-t-il ajouté.

Un rassemblement était aussi prévu en fin d'après-midi place des Terreaux, à Lyon. L'UJPF, le Mrap et d'autres associations ont appelé à des rassemblements dans une vingtaine de villes dont Montpellier, Lille et Bordeaux.

A Strasbourg, des échauffourées ont éclaté à l'issue d'une manifestation qui a rassemblé 1.300 personnes dans le centre-ville en fin d'après-midi, selon la police.

La police a chargé des groupes de manifestants qui refusaient de se disperser. Deux personnes ont été légèrement blessées, a-t-on constaté sur place.

Les réactions indignées se sont multipliées lundi en France.

Le président Nicolas Sarkozy a fait part de sa "profonde émotion" tandis que l'ambassadeur d'Israël en France, Daniel Shek, était convoqué par le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.

"Toute la lumière doit être faite sur les circonstances de cette tragédie, qui souligne l'urgence d'une relance du processus de paix", a dit Nicolas Sarkozy dans un communiqué.

Bernard Kouchner s'est dit "profondément choqué" par les conséquences de l'opération militaire israélienne, qui a fait au moins dix morts.

"ACTE INQUALIFIABLE"

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a condamné "avec la plus grande fermeté" un usage de la force jugé "inacceptable et disproportionné".

Dans un communiqué, elle demande une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'Onu et une enquête sur les circonstances de l'assaut.

"Après le massacre, la France et les Européens doivent contraindre Israël à lever immédiatement le blocus", a estimé pour sa part Marie-George Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste.

Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a regretté les pertes humaines. "A partir du moment où il y a des morts, on ne peut que le regretter, et puis il y a peut-être une surréaction" d'Israël, a-t-il déclaré sur LCI.

Frédéric Lefebvre a aussi critiqué "ceux qui se disent les amis des Palestiniens", coupables selon lui de "provocations qui en réalité ont comme conséquence de durcir" les relations israélo-palestiniennes.

La CGT "condamne fermement" l'intervention israélienne.

Elle exige dans un communiqué la création d'une "commission d'enquête internationale sous l'égide de l'Onu" ainsi que "l'intervention de la France et de l'Union européenne pour obtenir la levée du blocus de la bande de Gaza.

La CFDT dénonce "un acte inqualifiable qui met à mal les efforts de paix".

Pour le collectif Banlieues Respect, fédération d'associations actives dans les quartiers difficiles, cet épisode sanglant "risque d'avoir des conséquences graves dans les banlieues".

Son responsable, Hassan Ben M'Barek, met en garde dans un communiqué contre les "graves tensions" susceptibles d'être ravivées "entre juifs et musulmans dans nos banlieues".

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) "déplore les conséquences humaines tragiques" de cet acte tout en évoquant une possible "provocation du Hamas".

"Sans porter de jugement prématuré, le Crif constate que sur un seul des bateaux les soldats ont été accueillis avec des armes, ce qui semble démontrer la possibilité d'une véritable embuscade organisée par le Hamas, ce qui serait incompatible avec le caractère humanitaire du convoi", ajoute l'organisation dans un communiqué publié sur son site internet.

Elizabeth Pineau, avec Clément Guillou, Thierry Chiarello et Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Sophie Louet