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Incendie chez Richard Ferrand: les élus de plus en plus pris pour cible

La vitrine de la permanence a été touchée à de multiples reprises -

La vitrine de la permanence a été touchée à de multiples reprises - - claireopetit.fr

Le président de l'Assemblée nationale a porté plainte, ce vendredi soir, pour l'incendie de son domicile secondaire en Bretagne. Au total, plus d'une cinquantaine de députés ont été pris pour cible ces dernières semaines.

Menaces, insultes, dégradations. Depuis trois mois, les actes de malveillance se sont multipliés contre les députés, en marge du mouvement de contestation des gilets jaunes. Dernier épisode en date: l'incendie volontaire du domicile breton de Richard Ferrand. Le président de l'Assemblée nationale a indiqué avoir plainte vendredi soir.

Avant lui, une cinquantaine de députés ont été visés ces dernières semaines, selon une source parlementaire. Principalement des élus de la majorité. Au mois de janvier, au moins 15 élus ont ainsi été pris pour cible, contre 28 en décembre et 14 en novembre, a décompté Le Figaro. A titre de comparaison, seulement cinq députés avaient été victimes d'actes de malveillance les trois mois précédant le début du mouvement des gilets jaunes.

Des permanences vandalisées

Le plus souvent, ce sont les permanences des députés LaREM qui ont été vandalisées, taguées ou caillassées, comme celle de Guillaume Chiche, à Niort, au mois de décembre. Début janvier, le député LaREM de la Vienne Sacha Houlié avait, lui, posté des photos des tags sur la façade de sa permanence.

Quelques jours plus tôt, le député LaREM de Gironde Florent Boudié avait annoncé son intention de porter plainte pour "provocation à la haine" après la découverte sur les murs de sa permanence à Libourne (Gironde) de tags qu'il attribuait à la "mouvance identitaire, antimusulmans et antimigrants".

En Alsace, le député Bruno Studer avait découvert sa permanence recouverts d'inscription haineuse: "PD", "Macron, pute à juifs", "l'Alsace résiste"…

Fumier, coups de masse et mur

En marge du mouvement de contestation du monde agricole, des déversements de foin et de fumier avaient également eu lieu devant des permanences, notamment celles d'Amélie de Montchalin et de Cédric Villani, dans l'Essonne, du député Modem Bruno Millinne, dans les Yvelines. La député LFI Caroline Fiat avait également été la cible d'un déversement de fumier, en décembre, en Meurthe-et-Moselle.

Fin novembre, la permanence de la député LaREM Claire O'Petit avait, elle, été attaquée à coups de masse et celle d'Adrien Morenas murée à deux reprises.

Patricia Gallerneau, député Modem, a également victime d'une action semblable, mais à son domicile. Début janvier, elle avait découvert que l'entrée de son domicile avait été murée durant la nuit. Un mois plus tôt, sa permanence avait été la cible d'un déversement d'ordures.

Cette députée n'est pas la seule à avoir été pris à parti à son domicile. Dans l'Hérault, Philippe Hupé avait découvert l'inscription "Dégage" la veille de Noël sur la façade de son domicile. Plus grave, Bruno Questel avait dénoncé mi-décembre "une tentative d'intimidation de 40 gilets jaunes" devant son domicile. Il avait affirmé avoir entendu plusieurs coups de feu.

De nombreuses lettres de menaces

Dans l'Aude, une quarantaine de personnes s'étaient également introduites fin novembre dans la propriété viticole de la député Mireille Robert. Ils avaient allumé un feu et proféré des menaces. Par ailleurs, le 8 décembre, la voiture de Jacqueline Dubois, et celle de son compagnon, avaient été incendiées en Dordogne.

Plusieurs députés ont également reçu des lettres de menaces ces trois derniers mois. Sur Twitter, Aurore Bergé avait diffusé un courrier reçu au début du mois de janvier.

"Bergé, tu parles trop, tu as été reconnue coupable de tes crimes (…). Tu seras décapitée sur place", pouvait-on lire.

Bruno Potterie a lui découvert dans une enveloppe une cartouche de fusil de chasse accompagné d'une menace claire: "la prochaine fois ce sera entre les deux yeux". La députée de l'Isère, Emilie Chalas, avait, elle, dû annuler une réunion publique sur les recommandations des services de renseignement après avoir été la cible de menaces.

Deux ministres pris pour cible

Début janvier, le député du Val-de-Marne, Jean-François Mbaye, avait aussi reçu un courrier raciste qui lui promettait "une balle dans la tête", selon une copie de la lettre qu'il a diffusée sur son compte Twitter. Dans ce courrier, l'auteur anonyme reprochait à Jean-François Mbaye d'être "un 'noir de service' comme ceux que l'on case dans les pubs afin de faire croire que les Français ne sont pas racistes". "De quel droit un Africain vient se mêler des problèmes de la France", continuait l'auteur.

Benjamin Rieth