BFMTV

"Honnêtement, j'ai peur": l'attaché parlementaire d'une députée LaREM raconte son agression

Pris à partie en marge d'un meeting politique, 5 jours d'ITT ont été prescrits au jeune homme blessé au niveau du visage.

Charles Morgat, ce jeune attaché parlementaire de 21 ans, est encore profondément marqué par les événements qui se sont déroulés mardi passé à Rouen.

Ce jour-là, ce collaborateur de Sira Sylla, députée LaREM de Seine-Maritime, assiste à un meeting du candidat Jean-Louis Louvel, dans le cadre de la campagne pour les élections municipales de mars prochain. 

Au micro de BFMTV, le vingtenaire souligne que dès le début de l'événement, l'ambiance était pesante. 

"Une quarantaine de gilets jaunes se sont dissimulés dans le public, et au tout début du meeting ont fait du bruit, scandé des slogans. Il y a un énorme pétard qui a explosé à proximité du meeting", détaille-t-il. 

"Honnêtement, j'ai peur"

Quelques minutes plus tard, il sera lui-même pris à partie par plusieurs d'entre eux alors qu'il quitte la salle pour appeler la police. 

"Un ou deux gilets jaunes, je ne pourrais pas les reconnaître, ont écrasé un œuf sur mon œil droit. J'ai aussi reçu un coup sur la tempe", détaille-t-il, montrant une image de son visage tuméfiée, conservée sur son smartphone. 

Un épisode douloureux qui lui a valu 5 jours d'ITT. Et si elle a laissé des traces, cette agression ne semble pas avoir donné l'envie à Charles Morgat d'abandonner le combat politique. Toutefois, le jeune homme assure désormais rester sur ses gardes. 

"J'ai changé mes habitudes, quand je rentre chez moi le soir, je reste 3 ou 4 minutes dans la voiture pour être sûr qu’il n’y a pas quelqu’un qui m’attend, parce que face à des gens qui ne respectent plus les lois et la démocratie, honnêtement, j’ai peur", confie-t-il. 

Les marcheurs dénoncent

Cette agression a été largement commentée, et dénoncée, au sein de la majorité. A ce titre, il a reçu le soutien de plusieurs "marcheurs" sur Twitter, dont celui de leur chef de file Gilles Le Gendre pour qui "toute violence contre les élus de la République et leurs collaborateurs est une attaque contre la démocratie."

Dans un communiqué commun, les sept organisations syndicales des collaborateurs parlementaires (CFE-CGC, CFTC, CGT, CFDT, SNCP-FO, Solidaires et Unsa) jugent "inacceptable et intolérable que les collaborateurs parlementaires, salariés de droit privé sans avantages ni droits particuliers, soient ainsi pris à partie physiquement et verbalement".

Cette agression "s'inscrit dans un contexte de montée des tensions et des violences politiques dans le pays depuis plus d'un an et demi au cours duquel un certain nombre de permanences parlementaires ont été dégradées", observent les syndicats.

Mettant en avant la "précarité" de leur emploi et "des salaires largement inférieurs aux missions et aux horaires" demandés, ils invitent "tous les acteurs du débat public" à condamner "fermement et sans ambiguïté toute agression", estimant que "laisser paraître la moindre forme de tolérance pour des faits intolérables abime la démocratie".

Les collaborateurs parlementaires sont environ 2000 à l'Assemblée et un millier au Sénat.

Hugo Septier