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Valls: "Nous vivons sous une menace terroriste majeure et dans la durée"

Le Premier ministre a déclaré dimanche que la France mène une "guerre de civilisation" contre Daesh, qui veut "combattre les valeurs humanistes et universelles".

Deux jours après une série d'attentats qui ont ensanglanté la France, la Tunisie et le Koweït, le Premier ministre Manuel Valls s'est de nouveau adressé aux Français dans un entretien accordé à Europe 1-Itélé-Le Monde.

"On ne peut pas s'habituer à la violence, la barbarie et la mort, mais un responsable gouvernemental doit être lucide, et doit la vérité à son peuple. Nous vivons sous une menace terroriste majeure que nous allons combattre dans la durée. Cela concerne la France, mais aussi le monde, car Daesh et ces organisations terroristes veulent combattre les valeurs humanistes et universelles", a lancé le chef du gouvernement, qui estime qu'actuellement, "nous sommes en guerre contre le terrorisme et le jihadisme".

"C'est une guerre de civilisation"

Pour Manuel Valls, "les premières victimes de Daesh, ce sont les minorités comme les Chrétiens d'Orient, mais ce sont d'abord les musulmans. Ce n'est pas une guerre entre Occident et Islam, c'est une guerre au nom des valeurs qui sont les nôtres, et que nous partageons au-delà même de l'Europe." "Nous ne pouvons pas perdre cette guerre car au fond, c'est une guerre de civilisation", a poursuivi Manuel Valls, utilisant pour la première fois publiquement cette expression. "C'est notre société, notre civilisation, nos valeurs que nous défendons."

Les moyens antiterroristes mis en oeuvre "sont à la hauteur de cette menace", a enfin estimé le chef du gouvernement, qui a dit ne vouloir "en rien polémiquer", après des critiques à droite et à l'extrême droite. "Nous devons utiliser des moyens exceptionnels mais jamais d'exception", a-t-il ajouté, précisant vouloir agir "toujours dans le cadre de la loi et de l'Etat de droit".

Enfin, Manuel Valls a redonné quelques chiffres: "Il y a 1.800 personnes connues en France pour être liés aux filières qui concernent la Syrie et l'Irak: 473 sont recensées comme étant sur place, 119 y sont mortes, dont 9 en action suicide, 217 sont revenues sur le territoire national, et beaucoup ont été interpellées et écrouées, 315 ont quitté leur domicile pour rejoindre la zone, et 608 ont manifesté des velléités de départ."

A. G.