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Retour sur le discours de Christiane Taubira sur le mariage pour tous

Christiane Taubira dans son discours du mariage du 29 janvier 2013 ouvrant les débats sur le mariage pour tous.

Christiane Taubira dans son discours du mariage du 29 janvier 2013 ouvrant les débats sur le mariage pour tous. - Jacques Demarthon - AF¨P

Dans son discours du 29 janvier 2103, en ouvrant les débats au Parlement sur le mariage pour tous, Christiane Taubira avait imprimé sa patte, envoûtant une partie de la gauche, et s'attirant les foudres à droite.

Il avait une vocation historique. Et le discours de Christiane Taubira inaugurant le débat sur le projet de loi d'ouverture du mariage aux couples de même sexe, le 29 janvier 2013 à l’Assemblée nationale, n’aura laissé personne indifférent.

Alternant la posture de professeur d'histoire et celle d'oratrice passionnée, pendant 30 minutes et sans regarder ses notes, Christiane Taubira venait de lancer un long débat qui a divisé la France pendant des mois.

Christiane Taubira avait rappelé d'abord l'historique du mariage civil depuis 1791 comme un long chemin vers l'égalité, en premier lieu des femmes, à travers le divorce par consentement mutuel ou encore le droit d'ouvrir un compte en banque. "Aujourd'hui, nous parachevons l'égalité", estimait-elle.

"Que l’on nous explique pourquoi deux personnes qui se sont aimées, qui ont vieilli ensemble, devraient consentir à la précarité!", avait-elle harangué sous les sifflets de la droite.

"Qu’est-ce que le mariage homosexuel va enlever aux couples hétérosexuels?", lançait-elle. "Rien!", lui répondirent les bancs de la gauche.

La ministre avait rejeté frontalement l'argument de l'opposition selon lequel la loi ouvrirait "un droit à l'enfant" : "Vos objections n'ont pas de fondement sauf une réelle difficulté à inclure dans vos représentations la légitimité des couples de même sexe. Mais vos enfants et vos petits-enfants les incluent déjà et vous serez bien mal à l'aise lorsqu'ils viendront voir les comptes rendus de vos débats."

Pour conclure, elle avait cité un poète guyanais qu'elle aime déclamer:

"Nous sommes fiers de ce que nous faisons. Nous en sommes si fiers que je voudrais le définir par les mots du poète Léon-Gontran Damas: 'l’acte que nous allons accomplir est beau comme une rose dont la Tour Eiffel assiégée à l’aube voit s’épanouir enfin les pétales. Il est grand comme un besoin de changer d’air'."

Retrouvez le texte de son discours sur le site de l'Assemblée et la vidéo ci-dessus.