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Remaniement à Matignon: Valls, le meilleur d'entre eux?

Manuel Valls va-t-il remplacer Jean-Marc Ayrault au poste de Premier ministre?

Manuel Valls va-t-il remplacer Jean-Marc Ayrault au poste de Premier ministre? - -

Le nom du ministre de l'Intérieur a la cote. Et si d'autres peuvent rêver de Matignon, c'est à lui que l'opinion fait les yeux doux. Mais deux questions subsistent. François Hollande compte-t-il remanier et sera-t-il l'heureux élu?

Si "François Hollande réfléchit à toutes les hypothèses", selon un proche cité par l'AFP, un nom s'est déjà imposé dans l'opinion. Après plus de 500 jours passés place Bauveau, Manuel Valls est devenu, à grand renfort d'une communication millimétrée, incontournable dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Assez pour lui succéder? Sa popularité en tout cas est au sommet depuis de longs mois, à l'inverse de celles de François Hollande et du Premier ministre qui ne cessent de chuter.

A l'exception de Jean-Yves Le Drian (Défense) et de Laurent Fabius (Affaires étrangères), il est même le seul à surnager, tant chez les sympathisants de gauche - qui l'avaient crédité d'à peine 5% à la primaire de 2011 - que de droite, au sein de l'exécutif, selon un récent sondage OpinionWay pour Metronews. Dans la même étude, 67% des personnes interrogées disent souhaiter un changement de gouvernement.

"Il a une capacité à parler de valeurs auxquelles les Français sont particulièrement attachés comme la fermeté, l'autorité, l'ordre", analyse sur BFMTV François Miquet-Marty, président de l'institut Viavoice.

Valls le modeste

Après un silence médiatique de quelques semaines, Manuel Valls a effectué son retour mardi sur BFMTV. Et après avoir expliqué que "la place d'un ministre n'est pas dans les médias", le ministre de l'Intérieur a rappelé sa loyauté à François Hollande et à Jean-Marc Ayrault. "Si j'ai la confiance des Français tant mieux mais il n'y a pas de réussite individuelle sans réussite collective", a-t-il estimé, modeste.

Manuel Valls serait donc dénué d'ambitions individuelles? "Son nom s'impose", analyse pourtant Thierry Arnaud, chef du service politique de BFMTV. "Et c'est peut-être son plus grand problème avec un chef de l'Etat qui n'aime pas se voir dicter sa conduite", poursuit-il.

Et pourtant la question d'un remaniement, plus que celle du successeur, se pose de plus en plus. Ainsi, le député PS de l'Essonne, Malek Boutih a appelé à "du changement" dans Le Parisien. Ses pairs l'ont critiqué vertement avant d'offrir à Jean-Marc Ayrault une standing-ovation lors de la réunion hebdomadaire du groupe socialiste.

Un besoin de changement partagé au PS

"Les attaques contre le Premier ministre sont contre nous", a affirmé leur chef de file, Bruno Le Roux. Le Premier secrétaire du PS Harlem Désir est, lui, resté silencieux. Pourtant, loin de se démonter, Malek Boutih a affirmé avoir "dit tout haut" ce que "beaucoup disent dans les couloirs".

Une information confirmée par Thierry Arnaud qui estime pourtant que cette confrontation suivie d'un soutien a permis au Premier ministre de montrer un visage combatif lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. Loin des "vacances", demandées par Jean-Luc Mélenchon. Un chant du cygne?

Peut-être mais pas certain non plus que François Hollande souhaite griller la carte Ayrault trop tôt. Pas avant que les effets espérés de sa politique ne soient arrivés: reprise économique, baisse des déficits, inversion de la courbe du chômage.

Valls, oui mais pas seulement

Et puis en cas de remaniement, le nom de Manuel Valls, classé à droite du PS et pas vraiment en odeur de sainteté chez les partenaires Verts et Front de gauche, n'est pas le seul à se faire entendre malgré sa toute-puissance dans l'opinion. Il est prêté des ambitions au président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone. Martine Aubry, qui ne commente pas l'actualité nationale, conserve elle une bonne cote.

La maire de Lille, qui déjeunait à l'Elysée mardi au sujet de La Redoute, aurait voulu Matignon en mai dernier. Interrogée mardi soir en marge de ses déclarations sur La Redoute, Martine Aubry s'est refusée à commenter ce déjeuner, se bornant à répéter que "Jean-Marc Ayrault a tout mon soutien".

Son positionnement politique est par ailleurs opposé, à l'échelle du PS, à celui de Manuel Valls et assez loin de celui prôné par François Hollande depuis son élection. On l'a dit d'ailleurs peu proche du chef de l'Etat.

"Il faut tenir bon"

"On vit une crise d'identité, de confiance, il faut tenir bon", a aussi estimé Manuel Valls sur BFMTV au sujet du gouvernement, voire plus largement de la France. Tenir jusqu'à quand? Nombreux sont ceux qui pensent que les élections à venir - municipales puis européennes - pourraient marquer le point de rupture souvent évoqué par François Hollande dans son quinquennat. Le fameux "second temps".

"Un remaniement, ça n'a de sens que si on se tourne vers l'avenir", a d'ailleurs déclaré le proche du président et ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll. Manuel Valls, ancien député-maire d'Evry, cultive en tout cas l'image d'un homme qui prépare chaque jour l'avenir. Et pas forcément du côté de Matignon.

Samuel Auffray