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Manuel Valls: ce qu'il fallait retenir de son discours à l'Assemblée

Le nouveau Premier ministre Manuel Valls, ce mardi 8 avril devant ses ministres à l'Assemblée nationale.

Le nouveau Premier ministre Manuel Valls, ce mardi 8 avril devant ses ministres à l'Assemblée nationale. - -

Baisse des charges pour les entreprises, coup de pouce aux Smicards, réduction du nombre de régions... Le nouveau Premier ministre a présenté mardi sa ligne politique, devant l'Assemblée nationale. Le point sur ses annonces.

Oral réussi. Le nouveau Premier ministre Manuel Valls a obtenu mardi une nette confiance des députés, devant qui il prononçait son discours de politique générale. Un discours au ton énergique, marqué par une clarification de son programme économique, et des annonces sur la réforme territoriale à venir. Revue de détails.

> Des envolées lyriques

Dans un hémicycle plein à craquer, le nouveau chef du gouvernement, costume bleu nuit, a vécu son baptême du feu en prononçant pendant 47 minutes sa déclaration très attendue de politique générale.

Contracté les premières minutes, le Premier ministre s'est peu à peu libéré, prônant "vérité" et "efficacité". "Soyons fiers d'être Français!" s'est-il exclamé, avant de saluer le fait que "peu de pays" permettent les "plus hautes fonctions" à des citoyens nés à l'étranger. Manuel Valls, né à Barcelone, en Espagne, a été naturalisé français à l'âge de 20 ans en 1982.

> Confiance gagnée

"Le coeur battant pour la France", Manuel Valls a demandé aux députés de lui accorder leur confiance. Il l'a gagnée avec 306 voix contre 239, selon les résultats communiqués à 19 heures. Vingt-six députés se sont abstenus, dont 11 du groupe socialiste.

Le nouveau locataire de Matignon a toutefois tenu à soigner ses détracteurs dans son propre camp. Dans son discours, il a assuré vouloir "travailler avec la majorité parlementaire sur la base d'un contrat qui [nous] engage mutuellement", comme une partie du Parti socialiste l'avait réclamé ces derniers jours.

> Séisme territorial

Le Premier ministre a ensuite attaqué le vif du sujet: la réforme territoriale. Il a préconisé de "réduire de moitié le nombre de régions dans l'Hexagone", avec une nouvelle carte des régions le 1er janvier 2017 si les régions n'ont pas d'ici-là "fusionné par délibérations concordantes". Il a également proposé la suppression des conseils départementaux - nouveau nom des conseils généraux - en 2021.

> Abaissement des charges et de la fiscalité

Au chapitre économique, il a égréné un calendrier budgétaire assez précis. Pour lui, baisser le coût du travail est "un des leviers de la compétitivité". Manuel Valls a ainsi annoncé qu'à partir de 2015, les cotisations patronales à l'Urssaf seraient "entièrement supprimées" sur le Smic. Les cotisations familiales seront également abaissées en 2016 pour les salaires "jusqu'à 3 fois et demi le Smic". Les cotisations famille des travailleurs indépendants baisseront elles aussi. Au total, le coût du travail baissera bien de 30 milliards d'euros d'ici à 2016, comme l'avait annoncé en janvier François Hollande.

Le nouveau Premier ministre, qui a admis que "les feuilles d'impôts [étaient] trop lourdes", a aussi promis un geste fiscal avec des baisses d'impôts de production, comme la "C3S" (contribution sociale de solidarité des sociétés). La fiscalité "pesant sur les ménages modestes" sera également revue à la baisse, a-t-il promis en évoquant un effort de 5 milliards d'euros "à l'horizon 2017".

> Critiques à droite et à la gauche de la gauche

Sans surprise, la droite n'a pas été convaincue, même si le Premier ministre l'a invitée à dépasser les clivages partisans sur certains sujets. "Il n'y a pas de changement", a constaté le député UDI Christophe Lagarde. L'autorité de Manuel Valls est déjà "profondément atteinte" par le "rétrécissement" de sa majorité, a pour sa part estimé Christian Jacob, le président des députés UMP.

De l'autre côté de l'échiquier politique, le chef de file des députés Front de Gauche André Chassaigne a reproché au nouveau Premier ministre de n'avoir apporté "aucune réponse à la souffrance sociale". Quant à la présidente du FN, Marine Le Pen, elle a pour sa part jugé que "le gouvernement envoie la France dans le mur".

M. T. avec AFP