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Immigration: Belloubet juge que les quotas envisagés par le gouvernement ne sont pas "la réponse"

Nicole Belloubet - Image d'illustration

Nicole Belloubet - Image d'illustration - AFP

Au micro de France Inter, la garde des Sceaux a fait un pas de côté par rapport à la fermeté affichée par le gouvernement.

Après avoir apporté un important bémol à la "société de vigilance" prônée par Emmanuel Macron pour combattre le terrorisme islamiste, Nicole Belloubet récidive en affichant son désaccord avec le principe des quotas sur l'immigration économique. C'est pourtant ce que s'apprête à mettre en place le gouvernement. Une réunion interministérielle se tient ce mercredi matin, à la suite de laquelle le Premier ministre Édouard Philippe doit formuler plusieurs annonces. 

À quelques heures du rendez-vous, la garde des Sceaux a donné son avis sur la question au micro de France Inter. "Je n'ai jamais pensé que les quotas étaient la réponse. Enfin, la seule réponse", a-t-elle déclaré. 

"Ce que j'ai lu (...) sur les pays qui ont instauré des quotas obligatoires, ça n'a jamais marché. (...) Je ne crois pas que ce soit la réponse", a répété Nicole Belloubet avant de préciser qu'il reviendra à Édouard Philippe de dessiner "des lignes directrices" en la matière. 

La France, "terre d'accueil"

Ce n'est pas la première fois que la ministre de la Justice affiche sa divergence avec la ligne du gouvernement en matière régalienne. La veille, dans les colonnes du Parisien, Nicole Belloubet qualifiait de "discussions absurdes" les débats des dernières semaines autour de ce qui pouvait constituer un signal faible de radicalisation islamiste. 

"Je crois que ce que doit rester la France, j'y tiens beaucoup, c'est un pays d'accueil", a par ailleurs insisté la garde des Sceaux. "Dans le cadre de cet accueil-là, il faut aussi prendre en compte la réalité de ce que vivent, et les Français - allons Porte de la Chapelle (...) -, et les personnes qui demandent l'asile."

Estimant "capital" que la France demeure une "terre d'accueil", Nicole Belloubet aimerait davantage se borner à des "lignes directrices" indiquant quels secteurs d'activité sont en besoin de main-d'œuvre. 

Jules Pecnard