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Hollande, Ayrault, Valls, Taubira, Sapin: des vacances qui n'en sont pas vraiment

Manuel Valls à Cannes, ce mardi, pour évoquer les braquages et les noyades.

Manuel Valls à Cannes, ce mardi, pour évoquer les braquages et les noyades. - -

Quand l'actualité les rattrape, les vacances des ministres ne pèsent pas lourd et s'ajournent pour faire face aux événements. Cette année, il leur faut rester joignable, partir à moins de deux heures de Paris et ne pas oublier de se montrer sur le terrain auprès des Français.

Des vacances oui, mais studieuses, "minimalistes". Telles sont les consignes de l'Elysée et du gouvernement pour la quinzaine de vraies-fausses vacances accordée aux ministres et officiellement commencée depuis le vendredi 2 août. Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement, a rappelé que les ministres sont priés de rester "joignables et mobilisables" et si possible à moins de deux heures de Paris. En bonne élève elle a fait valoir qu'"être ministre, ça ne dure qu'un temps et qu'on est ministre à 100%".

Priorité à la "continuité" de l'exécutif

François Hollande et Jean-Marc Ayrault (actuellement en vacances) ne partent pas en congés en même temps. Continuité de l'Etat oblige. Du coup, ils ne prennent qu'une semaine chacun, en alternance.

Pour son cas personnel, le président de la République a fait savoir qu'il n'était pas question de pendre quinze jours de repos au fort de Brégançon, comme à l'été 2012. Pas question de laisser penser comme en 2012, que le pouvoir décroche lors d'une parenthèse estivale. "Ce qui compte, c'est l'impression", regrettait le président dans les colonnes du Monde. Et cette "impression", ce ressenti des Français, qu'il soit injuste ou non, François Hollande n'en veut plus.

En guise de congés, il ne passera, comme le révélait France Info, que quelques jours à La Lanterne à partir du 12 août. Cette résidence, dont une porte dérobée donne sur le parc du château de Versailles, est traditionnellement dévolue au Premier ministre. La Cour des comptes dans son rapport du 15 juillet, indique que c'est toujours Matignon qui paie l'entretien des lieux, à hauteur de 200.000 euros l'an.

Les ministres priés d'occuper le terrain et de le montrer

A l'instar du président, les ministres eux aussi sont donc, invités à se montrer "sur le terrain". Vu ce week-end en Dordogne, puis dans le Gers, ce mardi à La Roche-Sur-Yon en compagnie de Michel Sapin, le ministre du Travail, le président multiplie les apparitions.

Entre interventions médiatiques et visites de terrain, les vacances ministérielles sont prises cette année au compte-gouttes. Quelques jours de-ci, de-là, sans oublier les devoirs de vacances laissés par Hollande, puisque le 19 août, les ministres sont conviés à un séminaire sur la France de 2025, et priés d'avoir des idées. Les deux cas les plus emblématiques de cette activité ministérielle sont le ministre de l'Intérieur et la garde des Sceaux.

Valls et Taubira sur tous les fronts

Manuel Valls à Cannes ce mardi, sur la Croisette. Des vacances? En dépit des faux-semblants, non. Mais s'il devrait prendre quelques jours de repos en famille dans le Var, le ministre est là pour évoquer deux sujets: les braquages qui se sont multipliés ces derniers temps et les noyades.

Sous un soleil de plomb, le ministre s'est promené pendant une heure, en saluant sur la Croisette des CRS d'une compagnie de douze personnes venues en renfort après les deux derniers braquages.

Christiane Taubira, non plus, n'est pas en vacances. Elle a qualifié de "polémique estivale", ce mardi à Meaux, le débat autour des trois délinquants relâchés par le parquet de Chartres et qui n'ont donc pas effectué leur peine de prison ferme à l'établissement de Dreux. Lundi, la garde des Sceaux se défendait de tout laxisme au journal de 20h de France 2.

Si certains se montrent particulièrement combatifs et semblent redoubler d'efforts pendant les vacances, ces pauses ne réussissent pas à certains. C'est le cas d'Aurélie Filippetti, qui l'année dernière avait nié une escapade à l'île Maurice avant de la concéder.

Cette fois, la ministre de la Culture dénonce un mauvais usage de son compte Twitter par ses collaborateurs. En son absence, ces derniers auraient, selon sa version, émis un tweet bourré de fautes d'orthographe. Même pour la bonne gouvernance de Twitter, les ministres semblent irremplaçables.

David Namias