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Condamnés relâchés à Chartres: Taubira réplique

Christiane Taubira est la cible des critiques de la droite.

Christiane Taubira est la cible des critiques de la droite. - -

La ministre de la Justice a balayé d'un revers de la main les critiques de la droite, expliquant que la décision de relâcher des délinquants, faute de place à la prison de Chartres, relevait de la simple "application de la loi pénitentiaire".

Sous le feu des critiques de la droite qui l'accuse de "laxisme" après la non-incarcération de trois malfaiteurs arrêtés par des policiers le 1er août, Christiane Taubira a répondu ce lundi soir.

Les trois hommes, condamnés à Dreux (Eure-et-Loir) ont été relâchés, faute de place pour eux à la prison de Chartres. Cette décision relève uniquement de l'"application de la loi pénitentiaire", a défendu la ministre de la Justice, sur le plateau de France 2. Une loi votée, a-t-elle rappelée, par la précédente majorité qui la critique aujourd'hui.

"Le parquet n'a pas annulé, il a différé de deux à quatre semaines la mise sous écrou" (incarcération), a indiqué Christiane Taubira, qui s'est rendue dans la journée à Chartres pour y rencontrer le procureur de la République. "Tout cela se réfère uniquement aux dispositions de la loi pénitentiaire de 2009", votée sous l'ancienne majorité, qui "dit très clairement que jusqu'à deux ans d'incarcération il faut envisager l'aménagement des peines", a-t-elle poursuivi.

"Confiance aux magistrats"

Répondant aux critiques de la droite, elle a contre-attaqué: "Ils n'ont pas de légitimité pour s'exprimer, parce qu'aujourd'hui nous avons 56% de récidive depuis 2007 malgré les 30 lois pénales (votées par la droite) et 64% de récidive sur les peines de moins de six mois". Avant d'ajouter: "il n'y a que les anti-démocrates et les anti-républicains qui gagnent à mettre en cause l'institution judiciaire", a-t-elle déclaré.

Enfin, Christiane Taubira s'est refusée à commenter la décision des magistrats: "je ne porte pas de jugement sur les décisions des magistrats, a fortiori quand ils appliquent la loi", a-t-elle dit.

Mais dans un communiqué publié par la Chancellerie après son interview, la ministre a souligné, rendant compte de sa visite à Chartres, que "le procureur est dans son rôle lorsque dans une situation pénitentiaire tendue, il organise dans le temps l'exécution des peines" et a exprimé "sa confiance aux magistrats dans leur mission difficile".

Respecter le travail de la justice

Au micro de BFMTV, ce mardi matin, Christiane Taubira a insisté et répété que les peines de ces trois hommes n'ont pas été annulées mais différées de deux à quatre semaines. Elle appelle à faire confiance aux juges contrairement à ces dix dernières années où "le pouvoir politique a passé son temps à les insulter, se méfier d'eux et les accuser de tous".

V.D. avec AFP