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Gérard Collomb, le ministre collectionneur de polémiques

Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur.

Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur. - AFP

Des manifestants "complices" des casseurs, des migrants accusés de faire du "benchmarking"… le ministre de l'Intérieur allume polémique sur polémique, et gêne jusqu'à son propre camp.

Pas une semaine ne passe sans que Gérard Collomb déclenche une nouvelle polémique. Des déclarations qui se suivent, chaque fois sur un nouveau sujet, et ne manquent pas d'attirer les commentaires. Dernière en date: mercredi au Sénat, le ministre de l'Intérieur a déclaré que les migrants faisaient "un peu de benchmarking" au moment de choisir leur pays de destination.

De quoi gêner jusqu'à son propre camp: Gabriel Attal, porte-parole LaREM, n'a pas dissimulé son embarras: "je pense que si un benchmark est fait par les migrants, il est assez simple: mourir chez eux ou survivre ailleurs", a répliqué jeudi le jeune député sur France Inter. Des mots qualifiés de "très justes" par son collègue Matthieu Orphelin.

Discussions ardues

Ce n'est pas la première fois qu'au sein de la majorité, on peine à soutenir les propos d'un Gérard Collomb jugés parfois excessifs. Sur BFMTV, ses déclarations sur les manifestants accusés d'être "passifs" face aux casseurs ont fait bondir jusqu'à certains à droite.

Quant à sa déclaration sur Maryam Pougetoux, la responsable parisienne de l'Unef portant un voile, elle n'est pas passée inaperçue. "C'est choquant (…) c'est du prosélytisme", avait déclaré le ministre de l'Intérieur sur BFMTV. Son collègue Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, ou encore le député LaREM Aurélien Taché, ont exprimé leur désaccord avec un certain embarras. Au sein de La République en marche, on n'a pas non plus oublié les discussions parfois ardues avec le ministre sur le projet de loi Asile et immigration.

Outre des déclarations polémiques, le ministre de l'Intérieur se distingue également par son peu de zèle à défendre certaines mesures gouvernementales: sur la limitation à 80 km/h sur les départementales, sa réponse "je prends un joker" lors d'une réunion publique a été remarquée. Le lendemain il a poursuivi ses critiques sur BFMTV et RMC face à Jean-Jacques Bourdin, obligeant Edouard Philippe à un recadrage express.

Le premier rallié au macronisme

Gérard Collomb est-il en train d'accumuler les bourdes? L'assurance dans ses propos semble montrer pourtant une certaine confiance. Et pour l'instant, les indicateurs sont au vert: le baromètre Ifop-Fiducial de mai indique que le ministre affiche 43% d'opinions favorables, dont 73% chez les sympathisants LaREM et 50 % chez les électeurs de LR.

Le ministre, l'un des tous premiers à s'être converti au macronisme, bénéficie par ailleurs d'une proximité vis-à-vis du chef de l'Etat dont peu de ministres peuvent se vanter. Emmanuel Macron n'a pas oublié son ralliement précoce, en 2015, à l'époque où beaucoup le regardaient avec scepticisme. Gérard Collomb partage les dîners du lundi soir en compagnie du chef de l'Etat et des piliers de la macronie. "Le président fait 100% confiance à Gérard Collomb et ce taux est immuable", disait Bruno Roger-Petit au Monde le 26 mai dernier.

Selon le quotidien, l'ancien maire de Lyon est également en discussion avec des élus socialistes de grandes villes susceptibles de rallier eux aussi La République en marche en vue des élections municipales de 2020. Un poste stratégique: une raison supplémentaire de faire de Gérard Collomb un ministre indéboulonnable, en dépit des critiques.

Ariane Kujawski