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EDITO - Cahuzac : bientôt le bout du tunnel ?

Jean-François Achilli, dans le studio de RMC

Jean-François Achilli, dans le studio de RMC - -

Peut-être un dénouement favorable en vue pour Jérôme Cahuzac, dans l'affaire qui l'oppose à Médiapart, le site qui l'accuse depuis deux mois d'avoir possédé un compte ne Suisse jusqu'en 2010. L'édito du directeur de la rédaction de RMC, éditorialiste chez BFMTV et RMC.

Mardi soir, Jérôme Cahuzac que j’ai joint au téléphone m'a confié : "Je ne suis au courant de rien, je ne veux rien savoir et je veux être traité comme un citoyen ordinaire", à propos d’une indiscrétion qui remonte à la semaine dernière, placée sous le sceau du secret le plus absolu. La Suisse aurait transmis à la France une information selon laquelle le ministre du budget n’aurait pas fermé de compte à la banque helvétique UBS en 2010, comme l’affirme le site Médiapart depuis début décembre.

Ce qui reviendrait à dire qu’il n’y a pas eu de compte, ce qui refermerait le dossier si la chose était officialisée. Cette affirmation, qui a filtré il y a quelques jours, était impossible à recouper avec des avocats et un entourage du ministre qui font silence radio sur le sujet. Et c’est un article publié hier par Marie-France Etchegoin, notre consœur du NouvelObs.com, titré "Affaire Cahuzac : la Suisse a transmis des infos à la France", qui a mis cet élément nouveau sur la place publique.

Un fait que le ministre du Budget refuse de commenter, pourquoi ?

"J’ai explicitement demandé aux services concernés de ne jamais m’informer sur tout ce qui touche les enquêtes en cours", a martelé Jérôme Cahuzac au bout du fil.

Le ministre au cœur de la citadelle de Bercy, dont les fonctionnaires peuvent être entendus par les limiers de la Dnif, la division nationale des investigations financières. Jérôme Cahuzac a donc pris ses dispositions pour ne pas être accusé de conflit d’intérêt. Les seuls éléments lui sont fournis par ses avocats.

Et les informations transmises par la Suisse à la France sont confidentielles ?

Pour faire simple, l’Etat, qui a ouvert une enquête préliminaire, a adressé une demande d’entraide administrative aux Suisses. Qui auraient donc répondu en substance : pas de compte fermé en 2010. Ces informations sont censées ne pas sortir. La preuve ne peut pas être matérialisée. La banque UBS ne communique pas. Pas plus que le Parquet.

Du coup, l’affaire reste ouverte. Médiapart maintient ses accusations. Les enquêteurs doivent expertiser l’enregistrement téléphonique censé incriminer le ministre du budget. Le feuilleton n’est pas terminé.

Comment réagit Jérôme Cahuzac ?

"Il fait le boulot, il souffre, il prend sur lui", explique l’un de ses plus proches amis, qui ajoute : "Il est costaud, mais il s’est pris trois tonnes sur le plexus. Il est facile de briser un mec."

Le ministre se sent-il soutenu au plus haut niveau ? Réponse chez les siens : Jean-Marc Ayrault a été irréprochable en la matière. Si les éléments venus de Suisse se confirment, le match entre Jérôme Cahuzac et Médiapart est peut-être entré dans son round final.

>> Ecoutez Les Coulisses de la Politique de Jean-François Achilli de ce mercredi 6 février.

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Jean-François Achilli, Directeur de la Rédaction de RMC et éditorialiste chez RMC et BFMTV.

Il intègre la rédaction de France Inter en 1998, puis le service politique en 2000, dont il prend la direction en septembre 2008. Il rejoint RMC en décembre 2012 comme directeur de la rédaction et éditorialiste RMC/BFMTV.

>> Suivez-le sur Twitter @jfachilli