BFMTV

Cazeneuve: "Les racines chrétiennes de la France sont incontestables"

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve - Mehdi Fedouach - AFP

Bernard Cazeneuve, tout en se définissant dans l'interview comme "personnellement agnostique", s'est demandé "comment un être humain peut avoir une vie riche et dense s'il ne s'ouvre pas, à un moment, à la réflexion spirituelle".

Bernard Cazeneuve a estimé que "les racines chrétiennes de la France sont incontestables", mais qu'il ne fallait pas en faire "un motif d'exclusion de ceux qui ne sont pas chrétiens", dans une interview à La Croix mercredi. "Les racines chrétiennes de la France sont incontestables au regard de son histoire. Ce qui est contestable, c'est de vouloir en faire un motif d'exclusion de ceux qui ne sont pas chrétiens ou d'oublier la contribution qu'ils ont apportée eux aussi à l'histoire de notre pays", a détaillé le ministre de l'Intérieur au quotidien catholique, utilisant des propos rares voire inédits dans sa bouche.

Bernard Cazeneuve, tout en se définissant dans l'interview comme "personnellement agnostique", s'est demandé "comment un être humain peut avoir une vie riche et dense s'il ne s'ouvre pas, à un moment, à la réflexion spirituelle". "Se fermer le champ de cette réflexion" sur la place de la religion dans la société "sous couvert de laïcité serait une source d'appauvrissement", a-t-il ajouté.

"La laïcité n'a pas à se durcir, mais à s'affirmer"

En octobre, à Strasbourg, le ministre avait affirmé que "les valeurs républicaines sont aussi largement celles de l'évangile". Interrogé sur la nécessité de durcir la législation sur la laïcité, il a estimé que "la laïcité n'a pas à se durcir, mais à s'affirmer". "Tout est déjà dans la loi. Il faut l'appliquer, sereinement, sagement, sans chercher à la détourner contre une religion particulière. Vouloir lancer une déclaration de guerre aux religions serait une erreur funeste", a-t-il affirmé dans cette interview réalisée avant le désaveu infligé par le Premier ministre Manuel Valls aux dirigeants de l'Observatoire de la laïcité.

Abordant les dérives de certains prédicateurs musulmans, le ministre de l'Intérieur a souligné que l'état d'urgence avait permis de procéder "à 45 perquisitions dans des mosquées et divers lieux de cultes radicalisés, dont 10 ont été fermés". "Trois associations pseudo-cultuelles ont par ailleurs été dissoutes par le conseil des ministres" à Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne), a-t-il rappelé, soulignant que "l'immense majorité des musulmans souffrent du dévoiement de leur religion par une poignée d'individus qui tiennent des propos inacceptables".

la réadction avec AFP