BFMTV

Budget 2014: le gouvernement peine avec les écologistes

Cécile Duflot et Pascal Canfin, les deux ministres "écolos" du gouvernement.

Cécile Duflot et Pascal Canfin, les deux ministres "écolos" du gouvernement. - -

Les propos du ministre de l'Environnement sur la taxation du diesel ont vivement fait réagir les écolos.

Les difficultés du gouvernement à gérer ses accords avec son principal partenaire de la majorité, Europe Ecologie-Les Verts, ont ressurgi avec un cafouillage mercredi sur un des "marqueurs" écologistes, la taxation du diesel.

En affirmant mercredi que le gouvernement ne prévoyait "pas de disposition" pour réduire l'avantage fiscal du diesel sur l'essence dans le projet de loi de finances 2014, avant de revenir sur ses propos, Philippe Martin a mis le feu aux poudres.

"Il y a des marqueurs de l'utilité et de la capacité des écologistes à se faire entendre" au sein du gouvernement, a averti Pascal Durand, secrétaire national d'EELV, en se refusant toutefois à parler de "ligne rouge". Le diesel et la transition énergétique sont deux de ces "marqueurs".

Un "très mauvais signal"

Pascal Canfin (EELV), ministre délégué au Développement, s'est dit "très surpris" de l'annonce sur le diesel. Il a assuré que ni lui, ni Cécile Duflot (EELV, ministre du Logement) n'étaient au courant de cette disposition.

Dénonçant un "très mauvais signal" sur le diesel, le coprésident des députés écologistes, François de Rugy, a dégainé l'arme de dissuasion: "le budget 2014 tel qu'il a été présenté est illisible et pas votable en l'état". Or, le vote d'un budget est le signe de l'appartenance à une majorité. A l'approche des élections municipales, le poids des écologistes n'est pas négligeable pour le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

A tel point que Philippe Martin est revenu sur ses propos, en mettant en cause l'AFP auprès du Monde. Or, les journalistes présents affiment avoir retranscrit fidèlement ses propos qui, de surcroît, ont été confirmés à la mi-journée par le ministre des relations avec le Parlement Alain Vidalies. Dans la soirée, Pierre Moscovici (Economie) et Bernard Cazeneuve (Budget) ont assuré que rien n'était décidé

Pas la première confusion

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement hésite sur les sujets écologistes mettant à mal la majorité. Cet été, lors des universités d'été des écologistes, le même Philippe Martin, 3e ministre de l'Ecologie, avait annoncé la création d'une "contribution climat-énergie" à la grande surprise des ministres PS. "C'est un sujet qui s'est invité sans qu'il y ait une préparation par qui que ce soit", avait confié un ministre PS à quelques journalistes.

Mercredi soir, les députés écologistes demandaient que "l'on sorte de la confusion". "Sur la fiscalité écologique et la suppression progressive de la niche diesel les mesures annoncées manquent singulièrement de cohérence et de clarté", ont écrit, dans un communiqué François de Rugy et Barbara Pompili, coprésidents du groupe écologiste à l'Assemblée. Le numéro un des écologistes, Pascal Durand, lui, a préféré réserver sa réponse aux militants qui seront réunis pour leur dernier conseil fédéral samedi avant le Congrès du mois de novembre.

A.D. avec AFP