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Belloubet répond à Le Pen et assure que "l'isolement en détention, ce n'est pas un room service"

La ministre de la Justice a affirmé que la prison de Vendin-le-Vieil où quatre surveillants ont été agressés est "extrêmement sécurisée". Elle s'est toutefois dite prête à discuter d'éventuels points à améliorer.

Invitée sur notre antenne ce vendredi soir, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, s'est longuement exprimée sur l'agression de quatre surveillants par un détenu jihadiste dans la prison de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, jeudi.

La garde des Sceaux a notamment répondu à Marine Le Pen qui dénonçait plus tôt sur BFMTV le laxisme supposé du règlement des prisons dans lesquelles "les gardiens sont obligés, un peu comme un room service d'hôtel, d'obéir aux injonctions des détenus pour leur permettre d'aller téléphoner comme bon leur semble".

"L'isolement en détention, ce n'est pas un room service. Je peux vous l'assurer. Je vais souvent dans des établissements pénitentiaires, je sais ce que sont les conditions d'isolement. Je trouve que ce n'est pas pensable de dire qu'il s'agit d'un room service", a réagi Nicole Belloubet.

"Des précautions particulières"

La ministre de la Justice a assuré que "des précautions particulières (étaient) prises pour ce type de détenu", tout en se disant prête à discuter "s'il y a des choses supplémentaires à améliorer".

Qualifiant l'agression de la maison d'arrêt de Vendin-le-Vieil "d'absolument intolérable", elle a assuré que le gouvernement aurait "les réactions nécessaires". "Nous conduisons sur ces sujets une politique extrêmement sérieuse et réfléchie pour les détenus pour terrorisme islamiste. La prison de Vendin-le-Vieil, de ce point de vue là, est une prison extrêmement sécurisée, qui est en capacité d'accueillir des détenus dangereux", a-t-elle ajouté.

Des dysfonctionnements?

Pour déterminer s'il y a eu des dysfonctionnements lors de l'agression des quatre surveillants pénitenciaires, Nicole Belloubet a rappelé qu'une mission d'inspection du ministère de la Justice avait été envoyée:

"Nous étions avec des vraies mesures de sécurité, on ne peut pas dire le contraire [...] mais s'il y a des points sur lesquels nous devons réfléchir encore, je pense à des questions d'équipement, de dispositifs de sécurité renforcés pour protéger les agents, je suis évidemment prête à en discuter", a-t-elle encore ajouté.

Néanmoins, la garde des Sceaux a affirmé que les éventuels dysfonctionnements ne pouvaient provenir des surveillants pénitentiaires, ces derniers lui ayant "expliqué qu'ils avaient été formés et bien formés, et c'est d'ailleurs ce qui leur a permis de réagir de la manière dont ils ont réagi, il faut ici les féliciter pour leur comportement".

Le transfert de Salah Abdeslam pas remis en cause

C'est dans la prison de Vendin-le-Vieil que doit être transféré Salah Abdeslam, terroriste impliqué dans les attentats du 13 novembre 2015. Or, depuis les événements de jeudi, beaucoup s'interrogent sur les conditions de sécurité au sein de la maison d'arrêt.

Nicole Belloubet a néanmoins déclaré que "de (son) point de vue", l'agression des quatre surveillants ne remettait pas en cause le transfert prochain de Salah Abdeslam, assurant que des conditions de détention identiques à celles dont il bénéficie aujourd'hui avaient "été prévues à Vendin".

La ministre de la Justice se rendra mardi à la maison d'arrêt de Vendin-le-Vieil pour répondre aux inquiétudes des surveillants. Les syndicats ont pour leur part lancé un appel au "blocage total" des prisons lundi afin de dénoncer le "laxisme" des gouvernements successifs face au traitement des détenus radicalisés les plus violents.

Paul Louis