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Affaire Mila: au Sénat, Castaner réaffirme fermement le droit de critiquer les religions

Interrogée par une sénatrice LR, le ministre de l'Intérieur a apporté son soutien à la jeune Mila, prise pour cible par des internautes qui l'ont menacée de mort pour avoir critiqué l'islam. Quelques heures auparavant, sa collègue Nicole Belloubet créait la polémique en qualifiant la critique d'une religion d'atteinte "à la liberté de conscience".

Christophe Castaner entendait visiblement rappeler quelques principes essentiels. Après le tollé déclenché ce mercredi matin par Nicole Belloubet, qui sur Europe 1 a affirmé que l’insulte à la religion constituait une "atteinte à la liberté de conscience", le ministre de l'Intérieur a tenté de réorienter les choses. 

Durant la séance des questions au gouvernement au Sénat, le locataire de la place Beauvau s'est vu interpellé par une sénatrice Les Républicains, Jacqueline Eustache-Brinio (Val-d'Oise). Après avoir exprimé son soutien à la jeune Mila, prise pour cible par des internautes qui l'ont menacée de mort pour avoir critiqué l'islam, Christophe Castaner a réaffirmé le droit de blasphémer. 

"Il n'existe pas, dans ce pays, (...) il n'existera jamais sous l'autorité de ce gouvernement, de délit de blasphème. La liberté même d'expression, dans notre pays, permet à chacune et chacun de pouvoir critiquer une religion. Et la jeune Mila peut parfaitement critiquer, (...) et il est inacceptable, insupportable même, que certains, au nom de l'institution qu'ils représentent, ait pu laisser penser que cela était interdit." 

"Combat contre le communautarisme"

Le ministre de l'Intérieur fait ainsi référence à des déclarations proférées, en réaction à l'affaire Mila, par le délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM), Abdallah Zekri. Le responsable de l'institution représentative des mosquées, tout en se disant "contre" le fait que cette adolescente de l'Isère ait été menacée de mort sur les réseaux sociaux, avait estimé vendredi: "Qui sème le vent récolte la tempête".

"Elle l'a cherché, elle assume. Les propos qu'elle a tenus, les insultes qu'elle a tenues, je ne peux pas les accepter", avait-il déclaré sur Sud Radio.

Mardi sur France Inter, la secrétaire d'État Marlène Schiappa a qualifié ces propos du CFCM de "criminels" et "coupables". Christophe Castaner estime quant à lui qu'il faut "lutter" contre le phénomène dont Mila a été victime. 

"Nous devons lutter contre cela mais ne pas négliger, non plus, que nous devons aussi protéger toutes les religions et refuser les appels à la haine au nom d'une religion. Et donc c'est cet équilibre-là sur lequel nous devons agir, (...) qui fait que nous menons ce combat contre le communautarisme, le repli sur soi, ou contre l'islamisme, et je nomme les choses", a développé le "premier flic de France". 
Jules Pecnard