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14-Juillet: réactions très mitigées à l'intervention de Hollande

Luc Chatel estime que François Hollande est "impuissant".

Luc Chatel estime que François Hollande est "impuissant". - -

Ce lundi 14 juillet, la classe politique a suivi avec attention la traditionnelle interview du chef de l'Etat. En dehors des représentants du Parti socialiste, personne ne semble satisfait de la prestation de François Hollande.

François Hollande a répondu lundi aux questions de la traditionnelle interview du 14 juillet. Une prestation très scrutée -et très commentée- par la classe politique. La droite critique très durement le chef de l'Etat, tandis qu'à gauche, les réactions ne sont pas tendres non plus.

A droite: "échecs", "aveuglement", "poncifs"

Luc Chatel, le secrétaire général de l'UMP a écrit dans un communiqué que "[François] Hollande semble hésiter entre déni et impuissance. M. Hollande a donné aujourd'hui le sentiment de n'être plus que le commentateur de ses propres échecs (...)."

Eric Woerth, député UMP et ancien ministre du Budget, estime que le Président a menti: "Il est faux de dire que les Français vivent mieux aujourd'hui qu'il y a deux ans."

Le député UMP Thierry Mariani s'en est ouvertement pris au chef de l'Etat sur Twitter: "Hollande... en fait, c'est toujours DEMAIN !!!!! Aucune remise en cause de son bilan. AVEUGLEMENT total sur l'échec de ses 2 premières années."

Hollande ...en fait,c'est toujours DEMAIN !!!!! Aucune remise en cause de son bilan. AVEUGLEMENT total sur l'échec de ses 2 premières années
— Thierry MARIANI (@ThierryMARIANI) 14 Juillet 2014

Christian Estrosi a lui aussi critiqué François Hollande en parlant de "consensus mou", de "poncifs": "Je suis triste pour mon pays", a assuré le maire UMP de Nice sur Twitter.

Nadine Morano, sur Twitter, a estimé que "la chute est dure" et critiqué la "politique désastreuse" du chef de l'Etat. Valérie Debord, déléguée générale adjointe de l'UMP, a quant à elle estimé sur le même réseau social que la parole de François Hollande est "démonétisée".

Laurent Wauquiez a écrit que le président de la République "n'avait rien à dire aux Français". Le président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan a été plus dur, en traitant le chef d'Etat de "ventilateur de bonnes intentions".

Hollande: un ventilateur de bonnes intentions
— Dupont-Aignan (@dupontaignan) 14 Juillet 2014

Du côté de l'extrême droite, la critique n'est pas plus tendre. Florian Philippot, vice-président du FN, a assuré au micro de BFMTV qu'il ne "comprend pas très bien le sens de cette intervention qui n'apporte rien de nouveau, qui n'a pas redressé le cap (...) qui va droit dans le mur". Sur Twitter, le frontiste se moque du chef de l'Etat: "Même François Hollande semble las de lui-même."

Même François Hollande semble las de lui-même #14juillet
— Florian Philippot (@f_philippot) 14 Juillet 2014

La centriste Corinne Lepage, présidente de Cap21, a été une des rares personnalités politiques satisfaites: "François Hollande excellent sur le conflit du Moyen-Orient et sur la fermeté quand au refus d'importation en France de ce conflit", a-t-elle écrit sur Twitter.

Parti socialiste: "le bon tempo"

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a estimé dans un communiqué que "le président de la République a trouvé le bon tempo et les bonnes priorités".

Olivier Le Foll, le porte-parole du gouvernement, a pour sa part assuré que l'intervention du président de la République était nécessaire: "[Elle] a donné le cadre structurant nécessaire pour retrouver la confiance." Selon lui, l'interview de François Hollande était "l'occasion de donner un cadre [et de dire] qu'il s'appliquera pour les trois années qui viennent".

Le porte-parole du Parti socialiste, Olivier Faure, a quant à lui demandé de la patience. Il a estimé sur BFMTV que les "grandes réformes structurelles" ne se font pas "en deux jours" et qu'elles prennent au contraire "beaucoup de temps", parce que "cela fait des décennies que rien n'a été fait".

A gauche: les écolos oubliés, l'extrême gauche mécontente

Du côté des alliés écologistes, la prestation du président de la République n'a pas convaincu. "Il y a trois volets sur lesquels il devrait s'exprimer davantage: bien évidemment les questions écologiques (...), la question de la transition énergétique (...), et il faut redonner quand même plus d'empathie sur la vie quotidienne des Français", a déclaré Jean-Vincent Placé, interrogé par BFMTV.

Même constat du côté de François De Rugy, co-président du groupe EELV à l'Assemblée nationale. Le député a regretté sur Twitter l'absence de discours sur la question écologique et en a profité pour tacler la direction de son parti: "Il est vrai aussi que l'écologie serait sans doute moins absente des discours si les écologistes n'étaient pas absents du gouvernement..."

Il est vrai aussi que l'écologie serait sans doute moins absente des discours si les écologistes n'étaient pas absents du gouvernement...
— François de Rugy (@FdeRugy) 14 Juillet 2014

Raquel Garrido, porte-parole du Parti de gauche, a aussi eu la dent dure envers le président de la République: "Un grand pays mérite un grand président qui respecte son grand peuple", a-t-elle écrit sur Twitter. La porte-parole estime que l'interview de François Hollande est un "énième épisode de la chute de la Vème République".

Un grand pays mérite un grand président qui respecte son grand peuple. Cet #EntretienPR est un énième épisode de la chute de la #5eRép.
— Raquel Garrido (@RaquelGarridoPG) 14 Juillet 2014

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a pour sa part jugé le Président "laborieux et incapable d'obtenir le moindre résultat" et lui a reproché de ne "rien changer" en "déroulant fidèlement le fil que lui dicte le Medef avec son pacte de responsabilité: "Aucune annonce, aucune vision, aucune ambition", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Maxence Kagni avec AFP