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Gouvernement Valls II: les réactions à droite et à gauche

La nomination d'Emmanuel Macron -ici avec François Hollande, à l'Elysée, en mars dernier- au poste de ministre de l'Economie, a fait réagir la classe politique, à droite comme à gauche.

La nomination d'Emmanuel Macron -ici avec François Hollande, à l'Elysée, en mars dernier- au poste de ministre de l'Economie, a fait réagir la classe politique, à droite comme à gauche. - Alain Jocard - AFP

Après l'annonce de la composition du gouvernement Valls 2, les réactions politiques ne se sont pas fait attendre, à droite comme à gauche. Florilège.

Un nouveau gouvernement et une pluie de réactions. A droite comme à gauche, la classe politique n'a pas tardé à réagir à la composition du gouvernement Valls 2, annoncée ce mardi par le secrétaire général de l'Elysée Jean-Pierre Jouyet, sur le perron du palais présidentiel, aux alentours de 18h45. Si la droite tire à boulets rouges sur l'arrivée de Najat Vallaud-Belkacem à l'Education nationale, plusieurs voix à gauche n'ont pas tu leur mécontentement quant à la nomination d'Emmanuel Macron à l'Economie.

L 'opposition se déchaîne contre Valls 2

A peine les noms des ministres du nouveau gouvernement annoncés officiellement, la classe politique de droite a fait savoir son mécontentement. Dans sa ligne de mire: Najat Vallaud-Belkacem, promue à la tête de l'Education nationale. Une nomination interprétée comme une "provocation" par l'ancienne ministre Nadine Morano, sur Twitter.

De son côté, le député de la Haute-Loire Laurent Wauquiez a qualifié la nouvelle ministre d'"ultra pro-gender", en référence à sa loi sur l'égalité hommes-femmes, avant de supprimer son tweet. Le député des Alpes-Maritime, Eric Ciotti, l'a quant à lui qualifiée de "porte-parole d'une idéologie dangereuse", dont le choix s'inscrit selon lui dans une "volonté de provoquer et de diviser".

Les attaques se sont également concentrées sur la nouvelle figure de Bercy: Emmanuel Macron. "Emmanuel Macron à l'Economie et l'Industrie ou l'officialisation de la domination de la grande finance", a ainsi tweeté le vice-président du Front national, Florian Philippot au sujet de cet ancien inspecteur des Finances et gérant de la banque Rothschild. "C'est vraiment l'alignement sur l'ultra-libéralisme. On marche au pas de l'Union européenne, au pas bruxellois. Et on peut se demander si c'est le gouvernement de François Hollande ou d'Angela Merkel", a justifié Florian Philippot, sur BFMTV. 

Même son de cloche à l'UMP, où le député-maire de Nice Christian Estrosi estime que la nomination de ce "financier technocrate (...) va mener notre outil de production à la catastrophe".

Nadine Morano s'est empressée de rappeler, sur Twitter, la fameuse phrase du candidat François Hollande lors de son meeting du Bourget, début 2012 : "Mon seul ennemi, c'est la finance".

La gauche s'inquiète de l'arrivée d'Emmanuel Macron

Au sein même de la majorité, certaines voix n'ont pas caché leur inquiétude quant à la nomination de l'ancien conseiller économique et financier du président de la République. Ainsi, pour le député PS Jean-Marc Germain, qui fait partie des "frondeurs", il ne s'agit pas d'un "bon signe".

"La nomination d'Emmanuel Macron, sans remettre en cause sa personnalité, donne un affichage que je regrette, de quelqu'un dont le parcours était dans la finance, (...) c'est un symbole regrettable", a-t-il justifié, se disant par ailleurs "très heureux" de la promotion de Najat Vallaud-Belkacem. Pour le président socialiste du conseil général de l'Essonne, Jérôme Guedj, la nomination d'Emmanuel Macron est "sans surprise". "Le président de la République avait dit qu'il confiait à Manuel Valls le soin de former un gouvernement en cohérence avec ses orientations économiques. Il ne pouvait pas être plus en cohérence puisqu'il nomme à Bercy celui qui était son proche conseiller en charge de l'économie", a-t-il fait valoir sur BFMTV.

Le secrétaire national du Parti communiste français, Pierre Laurent, a quant à lui regretté une composition qui consacre une politique "plus droitière que jamais". Un point de vue partagé par le secrétaire national du Parti de gauche Alexis Corbière, qui a estimé sur BFMTV qu'Emmanuel Macron "est un libéral, un homme de droite". Et d'ajouter: "en termes de symbole, la nomination d'Emmanuel Macron ne parle pas à la gauche, Manuel Valls ne parle pas à la gauche".

Enfin, l'heure n'était pas à la rancune pour Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, puisque les deux ministres sortants ont salué la nomination de leurs successeurs. "Bienvenue à Emmanuel Macron, avec lequel nous avons travaillé si bien dès les premiers instants du ministère du Redressement productif", a ainsi tweeté Arnaud Montebourg.

Benoît Hamon a, lui, félicité Najat Vallaud-Belkacem, devenue première femme ministre de l'Education nationale.