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Gilles Bourdouleix, un habitué des "dérapages"

Gilles Bourdouleix posait devant sa mairie en 2006.

Gilles Bourdouleix posait devant sa mairie en 2006. - -

La récente salve du député-maire de Cholet contre les gens du voyage n'est une première pour celui qui avait aussi porté plainte contre Manuel Valls. L'élu peut même être qualifié de récidiviste.

La déclaration de Gilles Bourdouleix rapportée lundi par le Courrier de l'Ouest, selon laquelle "Hitler n'a pas tué assez" de gens du voyage, continue de faire des vagues.

Si l'intéressé soutient que ses propos ont fait l'objet d'un "bidouillage" a posteriori par le journaliste qui les a recueillis et qu'ils ont donc été déformé et tronqué, force est de constater qu'il n'en est pas à son coup d'essai et ses diatribes contre les gens du voyage ne datent pas d'hier.

Déjà en 2010, il évoquait le déversement d'un "camion plein de m....."

Dès mai 2006, Gilles Bourdouleix menaçait de démissionner pour faire évacuer l'installation d'une mission évangélique sur un terrain de sports de la ville. Dans la foulée, il lançait une pétition à destination des maires de France, réclamant que ces élus aient autorité pour obliger la police à intervenir en cas d'occupation illégale. 

En novembre 2010, l'élu faisait face à une plainte de la Ligue des Droits de l'Homme qui avait enquêté sur lui après des propos tenus par l'élu à l'encontre des gens du voyage. "On a la trouille de ces gens-là, ils ont tous les droits ! Je suis prêt à prendre un camion plein de m... pour le déverser au milieu de leurs caravanes !", avait-il dit. L'affaire sera classée sans suite en mars 2011.

Une plainte X et contre Manuel Valls en 2012

Mais Gilles Bourdouleix semble ne pas hésiter non plus à lancer des procédures. Ainsi en octobre 2012, il n'hésite pas à porter plainte pour "tentative de meurtre" contre X et contre le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, après un différend l'ayant opposé à des gens du voyage venus s'installer sur sa commune. La LDH porte elle aussi plainte contre le maire de Cholet pour "provocation à la haine ou à la violence et à la discrimination raciale à l'encontre des gens du voyage d'une part, et de diffamation raciale d'autre part". 

En novembre 2012, le maire mettait à nouveau sa démission dans la balance à la suite de l'installation d'une vingtaine de caravanes dans une zone d'activités commerciales. Il parle d'une "nouvelle invasion". Les voyageurs quittent les lieux le lendemain.

La thèse du "règlement de comptes"

Maire de Cholet depuis 1995, Gilles Bourdouleix est aussi avocat au barreau de Paris depuis 2010 et a été chargé de cours de droit constitutionnel à l'université d'Angers. Alors que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a estimé qu'il était passible de sanctions pénales et que l'ensemble de la classe politique s'indigne, l'élu dénonce un "règlement de compte".

Pour lui, l'UDI profiterait de la polémique pour l'exclure et couper l'herbe sous le pied au CNIP, le Centre national des indépendants et paysans, formation qu'il a cofondée et qui regroupe huit partis politiques. "Si je suis exclu, le CNIP quittera l'UDI avec armes et bagages", a-t-il prévenu.

Mais, il ne pourra pas être sanctionné par l'Assemblée nationale puisque ses paroles n'ont pas été tenues dans le cadre de sa fonction parlementaire.

David Namias avec AFP