BFMTV

Terrorisme: le "New York Times" ouvre ses colonnes à Marine Le Pen

Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse le 16 janvier 2015.

Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse le 16 janvier 2015. - Matthieu Alexandre - AFP

Marine Le Pen réagit aux attentats qui ont endeuillé la France dans le "New York Times" en réclamant la mise en place de contrôles aux frontières et la déchéance de la nationalité pour les jihadistes.

Un peu plus d'une dizaine de jours après le début des attentats qui ont fait 17 morts en France, Marine Le Pen a signé ce dimanche une tribune, publiée en français et en anglais, dans le prestigieux New York Times. Un choix inattendu pour la grande absente de la marche républicaine du 11 janvier, même aux yeux des journalistes américains. En témoigne le tweet de dimanche de David Furm, journaliste à The Atlantic: "Ce que vous n'auriez jamais cru voir: une tribune de Marine Le Pen dans le New York Times".

Things you never expected to see: Marine Le Pen op-ed in NYT http://t.co/K6ljXmezII
— David Frum (@davidfrum) 19 Janvier 2015

La présidente du Front National s'en prend à Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères qui, selon elle, "n'ose même plus prononcer" "le nom des choses".

"La France, patrie des droits de l’homme et des libertés, a été attaquée sur son sol par une idéologie totalitaire: le fondamentalisme islamiste", écrit-elle.

D'après Marine Le Pen, Laurent Fabius n'oserait pas qualifier les terroristes d'"islamistes" ni "parler d''état islamique' pour qualifier le groupe de radicaux sunnites qui s’est mis en place sur une partie des territoires de l’Irak et de la Syrie". Or, "c'’est en refusant le déni, c’est en regardant dans les yeux l’ennemi à combattre, que l’on évite l’amalgame", avance-t-elle.

"Rien n'a été fait"

La leader frontiste, qui ne revient pas sur sa proposition de référendum sur la peine de mort, tient à répéter ses propositions, "car rien n'a été fait" par les gouvernements successifs, de gauche comme de droite. Tout en soulignant le "courage" et la "détermination" des services de sécurité français, elle juge que "leur action est entravée par une série d’erreurs commises par le pouvoir politique". Et de citer successivement "le dogme de la libre-circulation", "l'immigration massive" et "la politique étrangère française" dont certains exemples - "l’intervention de l’ancien président Nicolas Sarkozy en Libye, le soutien du président François Hollande à certains fondamentalistes en Syrie, les alliances nouées avec (...) le Qatar ou l’Arabie Saoudite" - comme des fautes.

Selon Marine Le Pen, la première mesure d'urgence à mettre en oeuvre devrait être "la déchéance de la nationalité des jihadistes", avant la "réinstauration d'un contrôle aux frontières nationales". Des propositions qui avaient déjà été formulées par la présidente du FN auquel le Wall Street Journal consacrait également un article ce week-end.

A. D.