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Marine Le Pen: "Hollande à la hauteur sur la séquence des hommages"

Marine Le Pen sur BFMTV vendredi 16 janvier

Marine Le Pen sur BFMTV vendredi 16 janvier - BFMTV

Marine Le Pen a jugé sur BFMTV que François Hollande et Manuel Valls avaient "été à la hauteur" de la séquence "hommages et unité nationale", mais qu'ils manquent celle sur les propositions pour lutter contre le terrorisme en France. La présidente du Front national appelle une nouvelle fois à "protéger les frontières".

Gestion des attentats par l'exécutif, proposition du Front national contre le terrorisme, réaction aux propos de son père dans un journal russe... Marine Le Pen, la présidente du Front nationale, était l'invitée de BFMTV vendredi.

> Hollande et Valls à "la hauteur sur la séquence des hommages" 

88% des Français ont jugé que François Hollande avait "bien géré" la situation des attentats de la semaine passée, selon un sondage CSA pour BFMTV. D'autres études ont salué l'attitude du gouvernement. "François Hollande et Manuel Valls ont été à la hauteur lors de la séquence des hommages", juge son tour Marine Le Pen, invitée vendredi soir sur BFMTV. "Mais désormais dans celle de l'action, les propositions ne sont pas à la hauteur du danger" qui guette le pays, juge-t-elle. Un danger du "fondamentalisme islamiste" mis en lumière depuis "longtemps par le Front national", selon sa présidente qui se dit aujourd'hui "triste d'avoir eu raison".

"Laurent Fabius a réclamé que l'on ne parle pas de fondamentalisme islamiste, on ne veut pas nommer l'ennemi. Pendant cinq jours, François Hollande a refusé de parler de terrorisme islamique", a-t-elle aussi regretté alors que "la multiplication d'attentats par des gens ayant des profils similaires - Merah, Nemmouche, Kouachi - fait que les Français attendent des réponses. Les isoler dans des quartiers dédiés en prison (comme proposé par Manuel Valls, Ndlr) ne suffira pas".

Pour la présidente du FN, le problème vient du fait que "les quartiers ont été abandonnés à des lois fondamentalistes. (...) Il faut créer une brigade d'intervention, liée à la gendarmerie, pour désarmer les banlieues".

> Quelles propositions pour le FN?

Pour endiguer ce phénomène, Marine Le Pen assure qu'"il faut suspendre Schengen et arrêter l'immigration massive et anarchique. Nous nous devons de protéger nos frontières", bien que les auteurs des attaques contre Charlie Hebdo, la policière de Montrouge et l'Hyper Cacher de Paris soient de nationalité française. "Il n'y pas que les hommes qui profitent de Schengen, il y a les armes et les mafias également", poursuit la présidente du FN.

"On ne peut pas lutter sérieusement contre le terrorisme sans contrôle à nos frontières", assure-t-elle, refusant néanmoins "un Patriot Act à l'américaine en France" qui "réduirait les libertés". La patronne du FN milite toutefois pour "un renseignement de qualité, capable de détecter les personnalités à risque si on lui donne les moyens".

> Lassana Bathily? La "nationalité française se mérite, il la mérite"

Lassana Bathily, héroïque lors de la tuerie à Vincennes dans l'Hyper Cacher, pour avoir caché des otages de la vue du terroriste, va être naturalisé français selon une procédure d'urgence. Le ministre de l'Intérieur, à l'origine de la demande, va présider une "cérémonie d'accueil dans la citoyenneté française" du jeune homme, le 20 janvier prochain, pour le remercier de "son acte de bravoure".

Qu'en pense la présidente du Front national? "Je suis heureuse. Je pense que la nationalité française ne doit pas être acquise de façon automatique, par le droit du sol, on en hérite ou on la mérite, et il (Lassana Bathily, Ndlr) l'a bien méritée".

>Propos de son père sur l'attentat? "Pas confiance en un journal communiste"

Quid de la sortie prêtée à son père, président d'honneur du FN, dans un journal russe? Dans un entretien paru vendredi dans le journal russe Komsomolskaïa Pravda, Jean-Marie Le Pen estime notamment que l'attentat qui a frappé Charlie Hebdo "porte la signature de services secrets" et argumente sur de nombreuses théories du complot.

"Jean-Marie Le Pen conteste ces propos. C'est un journal de jeunesse communiste russe, je n'ai pas confiance", a dit Marine Le Pen.

Plus tôt, dans un communiqué son père a contesté avoir tenu ces propos. "Je ne valide pas les retraductions en français d'interviews déjà traduites du français en russe", a-t-il affirmé.

S.A.