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Marine Le Pen retire de son compte Twitter la photo de la dépouille de James Foley

James Foley, un journaliste américain, a été assassiné par Daesh en 2014.

James Foley, un journaliste américain, a été assassiné par Daesh en 2014. - Nicole Tung - AFP

La présidente du parti d'extrême droite avait relayé mercredi sur son compte Twitter une photo de propagande de Daesh, montrant la dépouille de l'ex-otage américain décapité. Une initiative qui a provoqué la colère de sa mère, Diane Foley.

La photo de la dépouille de l’ex-otage américain en Syrie James Foley, diffusée mercredi sur Twitter par Marine Le Pen, n’apparaît plus sur le compte de la présidente du Front national jeudi matin.

"Je ne savais pas que c'était une photo de James Foley. Elle est accessible par tous sur Google. J'apprends ce matin que sa famille me demande de la retirer. Bien évidemment, je l'ai aussitôt retirée", a-t-elle déclaré à l'AFP.

D'autres photos toujours accessibles

La responsable frontiste avait relayé mercredi matin trois clichés de propagande d'exactions commises par Daesh (l’acronyme en arabe de l'Etat islamique), afin de protester contre le "parallèle" effectué, selon elle, par le journaliste Jean-Jacques Bourdin entre l’organisation jihadiste et le FN, les accompagnant d'un message "Daesh c'est ÇA !". 

Deux de ces tweets -celle d'un homme brûlant vif dans une cage et celle d'un autre sur le point d'être écrasé par un char- apparaissent toujours jeudi matin sur son compte.

La mère de James Foley "très en colère"

L'initiative de la présidente du parti d'extrême droite a provoqué la colère de la mère du journaliste James Foley, décapité en 2014, qui a demandé le retrait immédiat de cette "honteuse photo".

"Nous sommes très en colère qu’elle manque autant de sensibilité envers nous la famille", a lancé Diane Foley jeudi matin sur RTL.

Le Premier ministre Manuel Valls s'est également indigné de la publication de ces photos, qu'il a qualifié "faute politique et morale".

Mercredi soir, une enquête préliminaire pour "diffusion d'images violentes" a été ouverte par le parquet du tribunal de Nanterre. L'ouverture de cette enquête par la justice fait suite à un signalement du gouvernement à la police, via la plateforme Pharos de la direction centrale de la police judiciaire. 

Retrait d'une photo du carnage au Bataclan

L'enquête vise également le député Rassemblement Bleu Marine (RBM) Gilbert Collard qui a lui aussi diffusé une photo d'une victime de Daesh, toujours accessible jeudi matin sur son compte Twitter.

Une photo du carnage du Bataclan, que le conseiller politique de Marine Le Pen Eric Domard avait dans le même élan posté Twitter mercredi (sans flouter les corps des victimes), n'apparaît plus sur son compte jeudi matin. Sans que l'on sache si c'est lui ou le réseau social qui l'a retirée.

V.R.