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François Patriat: "j’ai fait campagne avec un vent contraire"

François Patriat craint une victoire de la droite plus large que prévu aux élections sénatoriales.

François Patriat craint une victoire de la droite plus large que prévu aux élections sénatoriales. - Eric Feferberg - AFP

ELECTIONS SENATORIALES - Le président du Conseil régional de Bourgogne, proche de Dominique Strauss-Kahn, estime que la campagne des candidats socialistes a été fortement pénalisée par la politique gouvernementale. Il dresse également un constat amer des trois années écoulées au Sénat.

Alors que l’exécutif bat des records d’impopularité, les sénateurs socialistes peinent à trouver un écho favorable auprès des grands électeurs. François Patriat, président de la région Bourgogne et sénateur sortant, a ainsi mené une liste indépendante "pour ne pas provoquer les gens". Entretien.

Comment abordez-vous l’élection? 

"Difficilement. La campagne, c’était comme courir un marathon avec un sac à dos, des chaussures à clous et un vent contraire de 65 km/h ! Il faut voir le désarroi des élus locaux sur des sujets tels que les rythmes scolaires, la baisse des dotations, la réforme territoriale, les services publics qui se dégradent, etc".

Sentez-vous une défiance des grands électeurs à l’égard de la politique gouvernementale?

"J’ai défendu la politique du gouvernement en leur posant la question : êtes-vous hostile au fait d’engager des réformes, de faire des économies, d’accompagner les entreprises? La réponse est non. Il n’y a pas d’animosité, mais une grande inquiétude."

Vous menez une liste indépendante. Cela doit-il être considéré comme une absence de soutien au gouvernement?

"Non, personne ne doute de mon appartenance à la majorité. Tout le monde sait d’ailleurs que je suis un anti frondeur notoire. Maintenant, ce n’est pas la peine d’aller provoquer les gens. Je suis d’accord avec le cap proposé par l’exécutif et le triptyque économies-réforme-relance de l’offre. Mais à condition que les décisions et les actes suivent!"

Le Sénat peut-il rester à gauche?

"Quand je regarde autour de moi, dans les départements voisins, je pense que ça va être difficile. J’espère que mes amis vont s’en sortir. Mais aujourd’hui, je crains que la droite ne l’emporte avec un score plus large que prévu."

Quel bilan tirez-vous de la gauche au Sénat?

"Honnêtement, on n’a pas été très bons, il faut le reconnaître. Nous n’avons pas assez proposé, pas assez montré notre soutien à la politique économique du gouvernement. Et nous n’avons pas su non plus rallier nos partenaires : je me souviens de la période 1988-1993, sous Michel Rocard, durant laquelle on pouvait trouver parfois une majorité de circonstance. Il y a clairement eu un manque de diplomatie." 

Yann Duvert