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Ferrand, Sarnez, Le Maire...ces ministres sous la menace des législatives

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Alors que le gouvernement d'Edouard Philippe a été annoncé ce mercredi, six ministres ou secrétaires d'Etat sont aussi candidats aux législatives.

Parmi les personnes appelées à constituer le premier gouvernement d'Edouard Philippe, six présentent la particularité d'être également candidats aux législatives. Quatre d'entre elles ont été officiellement investies par "La République en marche": Richard Ferrand, Christophe Castaner, Marielle de Sarnez et Mounir Mahjoubi. Au-delà de ces figures, deux néo-ministres avaient également annoncé leur intention de concourir au scrutin visant à renouveler l'Assemblée nationale: Bruno Le Maire, exclu de son parti Les Républicains, et Annick Girardin, du Parti radical de gauche. 

Ces six membres du gouvernement et candidats aux législatives sont donc face à des scénari différents. Si certains sont donc issus des troupes du président de la République, d'autres viennent d'autres horizons. 

Les ministres "marcheurs"

Il y a tout d'abord les fidèles des fidèles, au premier rang desquels on compte Richard Ferrand. Depuis ce mercredi, il est ministre de la Cohésion des territoires. L'un des premiers "marcheurs" d'Emmanuel Macron était jusqu'à présent secrétaire général d'"En Marche!" et député élu dans le Finistère. Et, investi officiellement il y a quelques jours du label "La République en marche", il entend bien conserver la 6e circonscription du Finistère qu'il avait conquise en 2012.

Autre grand "macronien" devant l'éternel, Christophe Castaner a été nommé secrétaire d'Etat en charge des relations avec le Parlement et Porte-parole du gouvernement. Quelques jours auparavant, il a été investi par le mouvement initié par le nouveau chef de l'Etat dans la 2e circonscription des Alpes de Haute-Provence où il avait été élu en 2012. 

Deux autres personnalités aujourd'hui parties intégrantes de l'exécutif ont également reçu le sésame "La République en marche" pour les législatives. La nouvelle ministre en charge des Affaires européennes, Marielle de Sarnez (une des plus proches de François Bayrou) est candidate dans la 11e circonscription de Paris. Cette investiture a d'ailleurs fait polémique. Alors qu'"En Marche!" avait promis de ne pas envoyer au scrutin parlementaire des individus ayant exercé plus de trois mandats identiques successifs, Marielle de Sarnez est eurodéputée depuis 1999. Du côté de son entourage et d'"En Marche!", on a justifié cette situation en arguant qu'elle n'avait jamais été dépositaire d'un mandat national.

Mounir Mahjoubi, désormais secrétaire d'Etat au Numérique, a aussi une bataille à mener les 11 et 18 juin prochain pour défendre les couleurs de "La République en marche" dans la 16e circonscription de Paris. 

Les cas Le Maire et Girardin

Les deux derniers cas sont un peu à part. Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, n'est pas membre du mouvement présidentiel mais des "Républicains" jusqu'à ce mercredi qui a vu tout à la fois son entrée au gouvernement et son exclusion de son parti. Au préalable, il avait annoncé sa volonté de se présenter aux législatives dans la Iere circonscription de l'Eure. Pour l'heure, il n'affrontera pas de candidat "La République en marche" mais pourrait faire face à un candidat LR.

Enfin dans un billet publié sur son blog le 21 avril dernier, Annick Girardin, alors ministre de la Fonction publique et devenue sous Edouard Philippe ministre de l'Outre-mer, avait assuré de sa volonté de tenter de se maintenir à son siège de parlementaire de Saint-Pierre-et-Miquelon, et de "servir à nouveau exclusivement mon territoire" après avoir mentionné qu'elle avait laissé son fauteuil du Palais-Bourbon à son suppléant Stéphane Claireaux en 2014. 

Une position à hauts risques

Car telle est la peine des ministres-candidats aux législatives en cas de victoire lors de l'élection. Séparation des pouvoirs exécutif et législatif oblige, en même temps que la nécessité de la responsabilité du gouvernement devant le Parlement les poussent à laisser leur place à leur second. Mais en cas de défaite, l'épreuve est doublement douloureuse car en plus de ne pas accéder à l'Assemblée nationale, la tradition les conduit en principe à renoncer à leur fonction ministérielle. Et il ne s'agit d'ailleurs pas que d'une tradition, car ce mercredi soir, le palais de Elysée a été très clair: les ministres battus aux législatives devront démissionner. 

R.V.