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Le seul parti allié du FN claque la porte du Rassemblement Bleu Marine

Marine Le Pen et Karim Ouchikh, président du Siel.

Marine Le Pen et Karim Ouchikh, président du Siel. - Crédit photo AFP -Lionel Bonaventure et Bertrand Guay. Montage BFMTV

Quatre ans après avoir participé à la création du Rassemblement Bleu Marine (RBM), le Siel prépare son départ.

Le parti Souveraineté, indépendance, et liberté (Siel) s'apprête à mettre un terme à son alliance avec le Front National de Marine Le Pen. "Ma capacité à avaler des couleuvres a atteint sa limite" justifie Karim Ouchikh, cofondateur et président du Siel depuis 2014, dans le magazine d'extrême droite Minute.

En cause, un désaccord "idéologique", "électoral" et "politique" avec le parti d'extrême droite. Aujourd'hui, Karim Ouchikh souhaite donc acter la fin du Rassemblement bleu Marine (RBM) et "reprendre [sa] liberté vis-à-vis du FN".

Pour autant, à quelques mois de la présidentielle, Karim Ouchikh, qui revendique 2000 adhérents, n'entend pas rompre tous liens avec Marine Le Pen.

"Nous continuerons à soutenir sa candidature pour la présidentielle", annonce-t-il à l'Agence France-Presse (AFP).

Une alliance fondée en 2012

Peu avant les législatives de 2012, le parti de Marine Le Pen lance le Rassemblement Bleu Marine (RBM) dans l'optique de créer une union "gagnante-gagnante".

D'un côté, le Front National récupère des politiques d'autres mouvances républicaines pour "casser" son image de parti d'extrême droite. De l'autre, les nouveaux venus peuvent arguer qu’ils conservent leur sensibilité politique propre et qu'ils ne sont pas membres du FN. C'est le cas, par exemple, de Gilbert Collard. 

En d’autres termes, ce rassemblement permet à la droite traditionnelle d'avancer vers les idées du FN, et au Front national d'avoir des monarchistes, des identitaires, des nationalistes-révolutionnaires sur ses listes, explique Slate.

"Les virés, les tarés, les racialistes"

De son côté, le président du Siel estime que le FN a un "projet politique aseptisé" qui évacuerait "les questions identitaires et les préoccupations sociétales". Car Karim Ouchikh prône la "remigration" des immigrés vers l'étranger et valide la théorie radicale du "Grand remplacement".

Cette théorie voudrait que l'immigration afro-maghrébine de religion musulmane "remplace" peu à peu la population blanche et chrétienne, en France. Une idée que contredit l'Insee avec ses données chiffrées

Quant au FN, l'entourage de Marine Le Pen, interrogé par l'AFP, voit ce départ comme une "bonne nouvelle".

"Le Siel était devenu un groupuscule concentrant tous les profils d'extrême droite dont on ne voulait plus. Les virés, les tarés, les racialistes, Civitas et autres dingues. Son départ est une bonne nouvelle".

Elodie Hervé avec AFP