BFMTV

Européennes: la tension monte entre LaREM et le RN à quelques jours du scrutin

Nathalie Loiseau et Jordan Bardella

Nathalie Loiseau et Jordan Bardella - JOEL SAGET / AFP

En cas de défaite du parti présidentiel au futur scrutin européen, de nombreux cadres du parti d'extrême droite demandent la démission d'Emmanuel Macron.

A un peu plus de deux semaines des élections européennes du 26 mai prochain, le scrutin continental semble de plus en plus se résumer en un duel entre LaREM de l'ancienne ministre Nathalie Loiseau et le RN du jeune Jordan Barcella, au grand dam des 32 autres têtes de liste en course.

Illustration claire de cette tendance, un tout récent sondage qui place, malgré une potentielle forte abstention, les deux listes à 22% d'intentions de vote, au coude-à-coude, bien loin devant la candidature des Républicains de François-Xavier Bellamy reléguée à 8 points (14%). 

L'élection peut-elle se résumer à une simple redite de l'élection présidentielle de 2017, où les deux partis menés par Emmanuel Macron et Marine Le Pen étaient déjà arrivés en tête au premier tour avant de se disputer la victoire finale? C'est en tout cas la crainte de plusieurs partis, qui dénoncent une confiscation du débat, provoquant par la même l'invisibilité de certains candidats. 

Référendum pour ou contre Macron? 

Cette dernière semaine semble en effet avoir marqué un tournant fort dans la campagne. Si ce mercredi le parti présidentiel a, et c'était le dernier à le faire, présenté son programme européen qui fait la part belle à l'écologie, Emmanuel Macron s'est personnellement engagé dans la bataille afin de contrer la montée du Rassemblement national. 

"Nous avons besoin de tout sauf du RN en tête. Je ne fais jamais de pronostics sur le jour d’après, mais je mettrai toute mon énergie pour qu’il ne soit pas en tête", a-t-il lancé en marge d'un déplacement européen. 

Une sortie très peu goûtée par l'encadrement du Rassemblement national, dont Marine Le Pen, qui accuse le locataire de l'Elysée de "transcender cette élection européenne en référendum pour ou contre lui." 

De fait, la leader du parti d'extrême droite souhaite poser une nouvelle condition au scrutin. "Dans ces conditions-là, il faut qu’il ait l’honnêteté et la dignité qu’a eu le Général de Gaulle et si’il perd ce référendum, il faudrait qu’il parte", a-t-elle encore affirmé.

Elle est très vite rejointe dans son souhait par Jean-Lin Lacapelle, candidat sur la liste du RN, qui quant à lui estime qu'Emmanuel Macron, en cas de défaite, "devra assumer, dignement, il faudra qu’il quitte ses fonctions, qu’il dissolve l’Assemblée nationale et qu’on ait enfin une représentation légitime et que le peuple français puisse être rassemblé."

"Il a choisi de distribuer des coups"

Cette nouvelle dimension prise par l'élection du 26 mai, premier scrutin depuis le second tour de la présidentielle de 2017, a malgré tout de quoi surprendre. Pour les éditorialistes politiques de BFMTV, les prises de positions et la participation active d'Emmanuel Macron sont autant de signes des difficultés de Nathalie Loiseau à faire décoller la campagne du parti présidentiel. 

"Si la campagne de Loiseau se passait bien, si elle caracolait en tête dans les sondages sans avoir de risque, le président de la République ne serait pas descendu dans l’arène comme cela. Il aurait probablement attendu le dernier moment pour donner un soutien présidentiel à un projet européen global", expliquait ainsi Christophe Barbier. 

Pour Thierry Arnaud, Emmanuel Macron avait la "possibilité de rester en retrait et de protéger son statut de chef de l’Etat, il est au-dessus des partis et il aurait laissé Nathalie Loiseau assumer la campagne. Là, il a choisi une autre solution et a commencé à distribuer des coups. Il a décidé qu’il fallait qu’il s’engage, et qu’il s’engage à fond".

En revanche, tous s'accordent à dire que ce duel entre les deux partis annonce une nouvelle bataille décisive. 

"Quelles alliances au Parlement européen? Quel président pour la Commission européenne? Il faut que l’élection aille dans le sens du projet macronien sinon il ne mettra pas son empreinte sur l’Europe", conclut Christophe Barbier.

Hugo Septier