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Municipales à Paris: Najdovski, en Vert et contre tous

Christophe Najdovski, le candidat EELV à la mairie de Paris.

Christophe Najdovski, le candidat EELV à la mairie de Paris. - -

Le candidat EELV à la mairie de Paris a tenu mardi son premier meeting de campagne. Sans épargner ses adversaires de droite comme de gauche et avec, une fois n’est pas coutume, des Verts unis derrière lui.

Le cadre intimiste d’une petite salle de concert du 13e arrondissement, un orchestre vocal, et un ancien secrétaire général en guise de maître de cérémonie. Les traits sont détendus, on semble loin des conseils nationaux et des fractures internes.

Premier constat: Christophe Najdovski, le candidat EELV à la mairie de Paris, semble faire l’unanimité au sein du parti. En témoignent les nombreux soutiens présents à ce premier meeting de campagne: le député Denis Baupin ou le sénateur Jean-Vincent Placé sont là.

Même les gardes du corps de Cécile Duflot, arrivée sans fanfare en compagnie du ministre délégué au Développement Pascal Canfin, semblent détendus.

Pascal Canfin tombe la cravate

"Vous pouvez applaudir parce que là, on est parti, et à l’heure! Ce n’est pas toujours le cas chez les écolos!" Pascal Durand, l’ancien patron des Verts, lance les hostilités sous les rires de l’assistance. Après de rapides interventions - dont celle de Pauline Delpech, candidate dans le 17e - vient le tour des membres du gouvernement.

Pascal Canfin commence par tomber la cravate, sous les hourras de la gent féminine. Puis il s’emploie à justifier la présence des écolos dans l’équipe de Jean-Marc Ayrault, dont il salue le "courage".

Duflot et le futur "président écologiste"

Cécile Duflot, elle, semble libérée de ses obligations, et ose quelques traits d’humour. "Tu es sympa et tu ne te la racontes pas, c’est un problème", lance-t-elle ainsi à Christophe Najdowski, assis au premier rang.

Evoquant la loi Alur, qu’elle a défendue, elle se félicite de l’encadrement des loyers: "Réguler des prix, ça fait 30 ans qu’on ne l'a pas fait. Mais avant, ils étaient encadrés à hauteur de 10% des revenus. Ca ce sera la prochaine loi, quand le président de la République sera écologiste!" La réplique fait mouche. Mollement applaudie à son entrée, la ministre quitte la scène sous une ovation.

"Heureux de ne pas voir Sarkozy"

Mais la vraie star de la soirée, c’est bien Christophe Najdovski. Le candidat, qui vise un score à deux chiffres aux élections municipales, tient un discours simple mais efficace. Et n’oublie pas de tacler ses adversaires.

En adressant une pique discrète à Anne Hidalgo ("Nous, nous n’avons pas honte de nos ministres"), puis une véritable volée de bois vert en direction de NKM. "Je suis heureux de ne pas voir Nicolas Sarkozy", plaisante-t-il, en référence à la venue de l’ex-chef de l’Etat au meeting de la candidate UMP, la veille.

"Nous, nous ne nous trompons pas de campagne". Exposant son programme devant un public conquis, il en termine avec la problématique du logement, fustigeant la proposition socialiste de construire sur des espaces verts. "Anne, laisse béton", lance-t-il. S’il se ralliera sûrement à la candidate PS au second tour, Christophe Najdovski semble déjà avoir réussi une prouesse: réunir EELV derrière lui.

Yann Duvert