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Au meeting de NKM, Sarkozy muet mais omniprésent

L'ancien président Nicolas Sarkozy venu assister lundi soir au meeting de Nathalie Kosciusko-Morizet

L'ancien président Nicolas Sarkozy venu assister lundi soir au meeting de Nathalie Kosciusko-Morizet - -

Comme prévu, l'ancien président français est venu soutenir la candidate UMP à la mairie de Paris. Et lui a quelque peu volé la vedette.

Pas de doute, l’information a circulé. Devant le gymnase Japy, dans le 11e arrondissement de Paris, la foule des grands soirs est au rendez-vous. Ceux que la droite a oubliés depuis un certain mois de mai 2012. Bien sûr, tous sont venus soutenir Nathalie Kosciusko-Morizet, en retard dans les sondages dans sa quête de la capitale. Mais plus que l’avenir proche, c’est vers le passé que les yeux sont tournés.

A un passant du quartier qui s’étonne de cette effervescence, on répond que "Nicolas Sarkozy va sûrement venir". A l’intérieur, la rapide présentation des têtes de listes de NKM n’a pour effet que de chauffer la salle - comble - notamment sous l’impulsion des ténors, Rachida Dati, Philippe Gougeon ou Brigitte Kuster.

Enorme ovation pour Sarkozy

Les premières interventions se résument à un "Hidalgo bashing", tantôt reléguée au rang de "simple exécutante" de Bertrand Delanoë, tantôt accusée de "favoriser le communautarisme" ainsi que "l’ouverture d’une salle de shoot". Christian Saint-Etienne, chef de file de l’UDI parisienne, noie quelque peu l’assistance avec des considérations économiques nationales. Seule l’évocation d’une éventuelle hausse de la taxe d’habitation semble la réveiller.

Puis vient une scène quelque peu surréaliste. Nathalie Kosciusko-Morizet s’éclipse pendant le discours d’une candidate, qui s’en étonne au micro: "J’ai l’impression qu’il se passe quelque chose!"

Il n’en fallait pas plus pour que la salle cède à une forme de folie douce. Sans que son nom ne soit évoqué, des "Nicolas, Nicolas!" fusent de toutes parts. Finalement, l’attraction de la soirée est bien présente. En témoigne l'énorme ovation que le public lui a réservé: l’ancien chef de l’Etat est toujours présent dans le cœur des militants. Les candidats réunis sur l’estrade se font discrets. Les photographes montent carrément sur scène pour immortaliser l’arrivée de "l’ex". La salle, elle, est debout. Suivi de près par NKM, Nicolas Sarkozy réussit finalement à se frayer un chemin, pour enfin s’asseoir face à la scène – après dix minutes de bain de foule. 

Hymne soviétique et piques à Delanoë

La candidate UMP à la mairie de Paris, elle, ne manque pas l’occasion de saluer celui dont elle fut la porte-parole de campagne. "On mesure tous le geste d’amitié que tu nous adresses. Cette amitié, elle est solide".

Avant de débuter un discours résolument offensif. "La campagne est vive et ardente. Elle est dure aussi, comme la vie des Parisiens. Qu’ont-ils fait de Paris?" lance NKM sous les acclamations, avant de dresser un portrait très sombre de la capitale. "Je ne veux pas d’une mairie dont le rôle est d’organiser des fêtes, et seulement ça", poursuit-elle dans un clin d’œil à la Nuit Blanche de Bertrand Delanoë.

Après un discours à peine perturbé par l’hymne soviétique entonné par un membre de l’assistance - et une Marseillaise reprise en chœur, NKM repart comme elle est arrivée: dans les pas de Nicolas Sarkozy et sous les acclamations qui lui étaient - entre autres - adressées.

Yann Duvert