BFMTV

Cécile Duflot évoque son expérience de ministre: "Une fois, ma parole n’a pas été maîtrisée"

Alors qu'elle a décidé de ne plus s'exprimer pour le moment dans les médias, Cécile Duflot évoque avec franchise son expérience de ministre du Logement. L'occasion de répéter une nouvelle fois que sa présence au gouvernement n'est pas compatible avec un exécutif dirigé par Manuel Valls, "pas du tout écolo".

Elle a quitté le gouvernement le 31 mars 2014, refusant de rempiler comme ministre du Logement sous un gouvernement Valls. Plus d'un an après, celle qui a été souvent décrite comme explosive, dément tout caractère incontrôlable : "Je ne suis pas tellement émotive", confie-t-elle, précisant avoir pensé quitter le gouvernement "deux ou trois fois".

"Un, au moment de la démission de Delphine Batho que je n’ai pas vu venir et, ce qui ne se sait pas, c’est pendant l’été 2013 où je me prépare à retourner aux journées d’été Europe Ecologie-Les Verts et, honnêtement, les avancées en matière d’environnement du gouvernement sont très limitées et Philippe Martin vient et annonce la mise en place du débat d’une vraie fiscalité du carbone" révèle l'ancienne ministre invitée de Retour vers le passé sur BFMTV.

"Manuel Valls n'est pas vraiment écologiste"

"J'avais la lucidité de savoir de manière extrêmement claire – ce qui s’est passé ensuite l’a montré – que ce serait absolument impossible de le faire dans un gouvernement dirigé par Manuel Valls qui n’est vraiment pas écologiste et dont les choix politiques ne peuvent pas amener à mener une politique qui, de mon point de vue, va dans le bon sens", précise Cécile Duflot. Elle explique d'ailleurs qu'elle aurait pu poser plus tôt la question de sa participation au sein du gouvernement : "Je pense que, dès l’automne 2012, j’aurais dû marqué des choses plus fortement".

Pour autant, Cécile Duflot ne s'est jamais privée pour exprimer publiquement des points de vue divergents avec le gouvernement dont elle était membre. Quitte à avoir frappé trop fort ? "Franchement, si on regarde sur la forme, c’était très très maîtrisé, à part une fois, au moment des propos sur les roms qui n’avaient pas vocation à s’intégrer (elle avait alors accusé Manuel Valls alors ministre de l'Intérieur d'avoir mis « en danger le pacte républicain, NDLR). Effectivement, je n’avais pas prévu de dire les choses de cette manière-là et ça m’est venu des tripes. Mais, en descendant de l’estrade, je me suis dit que j’avais une chance sur deux de me faire virer, et que si c’était là-dessus, ce n’était pas grave".

"Je suis déjà gavée du truc médiatique"

Cécile Duflot, qui estime avoir été "le plus à l'aise" dans le rôle de ministre, botte en touche quand on évoque son ambition personnelle : "Franchement, j’ai arrêté de démentir. Ce n’est pas la candidature en soi qui est le plus intéressant, c’est effectivement de pouvoir exercer les responsabilités. Moi, je suis déjà gavée du truc médiatique. Ce n’est jamais ça qui m’a bougé. Evidemment, quand on le dit devant vous, ça semble un peu couillon voire totalement hypocrite, donc j’arrête de le dire. Je laisse parler, dans mon dos".

https://twitter.com/julienmielcarek Julien Mielcarek Directeur adjoint de la rédaction BFMTV