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Menace terroriste "élevée": Hollande maintient la mobilisation de 10.000 militaires

Des militaires sous la Tour Eiffel, le 8 janvier. 10.000 militaires vont être déployés sur les lieux sensibles, en France.

Des militaires sous la Tour Eiffel, le 8 janvier. 10.000 militaires vont être déployés sur les lieux sensibles, en France. - Bertrand Guay - AFP

L'effort pour assurer la sécurité des Français contre une menace terroriste "elevée" continue. François Hollande l'a annoncé mercredi à l'issue d'un Conseil de Défense et Jean-Yves Le Drian a confirmé dans l'après-midi que la mobilisation serait maintenue au moins "jusqu'au début de l'été".

François Hollande a décidé de "maintenir l'engagement des armées sur le territoire national à hauteur de 10.000 militaires" en "soutien" des forces du ministère de l'Intérieur. Le chef de l'Etat envisage également moins de suppressions de postes que prévu dans les armées, a annoncé mercredi l'Elysée.

"La menace d'attaque terroriste contre notre pays demeurant élevée, le chef de l'Etat a décidé de maintenir l'engagement des armées sur le territoire national à hauteur de 10.000 militaires en soutien des forces de sécurité du ministère de l'Intérieur", a déclaré le palais présidentiel dans un communiqué, à l'issue d'un Conseil de Défense.

"7.000 d'entre eux sont déployés dans la durée, principalement pour la surveillance et la protection de sites à caractère confessionnel particulièrement menacés", a précisé l'Elysée.

"Jusqu'au début de l'été" au moins, confirme Le Drian

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian indiqué mercredi après-midi lors d'une conférence de presse que le dispositif Sentinelle sera "maintenu au minimum jusqu'au début de l'été, date à laquelle il sera réévalué". Le réexamen sera effectué autour du 1er juillet, a-t-on précisé dans son entourage. Sentinelle avait été mis en place après les attentats de janvier qui ont fait 17 morts.

1.000 réservistes en permanence

Jean-Yves Le Drian souhaite faire passer le nombre de réservistes à 40.000, contre 28.000 à ce jour. Cette mobilisation, qui doublerait presque, permettrait de conserver 1.000 réservistes en permanence. Reste à savoir comment ces postes pourront être financés.

Une "autorité indépendante" pour encadrer le renseignement

Le ministre a aussi confirmé une augmentation des moyens pour les forces spéciales et la lutte contre la cybercriminalité. La loi sur le renseignement va aussi créer une autorité indépendante pour encadrer les pratiques des services concernés. Cette loi vise à "adapter notre arsenal juridique" en "apportant aux services" de nouveaux moyens tout en préservant les "libertés individuelles", a-t-il dit, lors d'une conférence de presse. "Pour cela, nous mettrons en place les moyens d'un contrôle renforcé.

La loi de programmation militaire bientôt actualisée

Le chef de l'Etat a demandé aussi "d'en tirer toutes les conséquences en termes d'adaptation des effectifs du ministère de la Défense, au-delà des 7.500 postes dont il avait déjà décidé le maintien le 21 janvier dernier", un "travail (qui) sera réalisé dans le cadre de l'actualisation de la loi de programmation militaire".

Il souhaite, a-t-on poursuivi de même source, que "les mesures nécessaires" soient prises "pour adapter l'organisation des armées à cette évolution de leur mission et leur permettre d'apporter une protection adaptée à l'évolution des menaces et aux besoins de protection des Français".

Des réductions d'effectifs moins importantes que prévu

Le 21 janvier, à l'issue d'un précédent Conseil de défense réuni à l'Elysée, François Hollande avait annoncé que 7.500 emplois de moins que prévu seraient supprimés sur la période 2015-2019 au sein des armées, leur donnant un peu de répit après une série de restructurations massives.

Les réductions d'effectifs devaient être ainsi inférieures de 30% au projet initial, qui prévoyait un total de 26.000 suppressions de postes, dont 7.500 par an en 2015, 2016 et 2017 et 3.500 en 2018. Dès cette année, le nombre de suppressions de postes doit être ramené à environ 6.000.

D. N. avec AFP