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Macron en Guyane affirme que le rôle de l'Etat "n'est pas de céder à des pressions"

Six mois après le mouvement social guyanais, le chef de l'Etat préconise "une action en profondeur" mais rappelle qu'il ne prendra pas d'engagements "irréalistes".

Emmanuel Macron est de nouveau en Guyane, six mois après le mouvement social et sa première visite en tant que candidat à la présidentielle. "L'intégralité des deux premiers volets des accords de Guyane seront appliqués, et la parole de l'Etat sera tenue", a promis Emmanuel Macron, en référence au plan de 1,08 milliard d'euros signé sous la présidence de François Hollande. Une annonce faite quelques heures après avoir rappelé qu'il n'était pas venu en "Père Noël".

"Aujourd'hui, la ministre des Outre-Mer Annick Girardin signera une convention pour libérer 98 millions d'euros (...) Mais le rôle de l'Etat n'est pas de tenir des engagements irréalistes, ni de céder à des pressions, quelles qu'elles soient, en particulier lorsqu'elles n'ont pas la légitimé démocratique", a souligné Emmanuel Macron.

Réponse ferme au collectif guyanais

Le président évoque les manifestations organisées jeudi, au premier jour de sa visite, par le collectif Pou Lagwiyann dékolé (Pour que la Guyane décolle). "Je ne me laisserai pas dicter l'agenda [en Guyane] par ceux-là même qui menacent la sécurité", a martelé Emmanuel Macron avant d'ajouter: "Je n'ai d'ailleurs jamais envisagé de rencontrer le collectif. L'interlocuteur légitime, c'est les maires, les élus de la République."

"Hier [lors des heurts en marge de la visite présidentielle], il y avait des gens non-violents, qui ont essayé de s'engager politiquement, et ont perdu les élections. Et puis vous aviez des gens violents, des délinquants. Et la République ne cède pas à ceux qui sont en cagoule".

Outre sa réponse ferme au collectif, Emmanuel Macron a annoncé une série de mesures concrètes concernant autant l'économie, la place de l'Etat sur le territoire guyanais que l'immigration et la sécurité: l'augmentation des renforts de forces de sécurité sera accélérée, ainsi que le renfort des reconduites à la frontière en cas d'immigration illégale. L'accès à certaines prestations sociales va être réduit, et l'Etat va reprendre en charge le versement du RSA. 

Pour mettre en oeuvre ces mesures, il a proposé "une méthode innovante" basée sur "une responsabilité partagée" entre l'Etat et le territoire, qui devra être discutée d'ici au printemps 2018. 

Ariane Kujawski