BFMTV

Macron à la manoeuvre à Bruxelles après les européennes: "Je veux rassembler"

Au lendemain des élections européennes, Emmanuel Macron a clairement montré sa volonté de peser sur le nouveau paysage européen. Ce mardi soir à Bruxelles, il a appelé ses homologues européens à "ne pas faire comme ça s'est toujours passé", notamment sur la nomination de la nouvelle tête de la Commission européenne.

Le chef de l'État a pris la parole ce mardi soir, à Bruxelles, à l'issue du dîner avec les 27 autres dirigeants européens. Au lendemain des résultats aux élections européennes dont il est ressorti relativement épargné, Emmanuel Macron est à la manoeuvre, notamment à propos de la question de la future tête de la Commission européenne.

"Ces élections marquent une nouvelle étape pour l'Europe (...) et le résultat de dimanche (26 mai) est une bonne base", a déclaré le président français face à la presse. "J'aurais préféré faire mieux mais il me dit simplement une chose: il faut continuer de se battre et de se mobiliser", notamment contre la montée des populismes en Europe.
"Tout le monde a reconnu l'importance du vote des citoyens européens. Leur forte participation, ainsi que la mobilisation des jeunes, et la nouvelle donne qui en sort", a-t-il développé, insistant sur la nécessité de "respecter ce qui sort des urnes".

"Chacun va devoir bouger"

"On ne peut pas répliquer les vieilles habitudes (...), faire comme ça s'est toujours passé", a affirmé Emmanuel Macron, qui a noté que "pour la première fois depuis 1979, les équilibres sont nouveaux".

Sur la question de la nomination du nouveau président de la Commission européenne, le chef de l'État a assuré: "Chacun va devoir bouger et nous allons devoir bâtir un consensus", affirmant que la France refuserait de s'attacher aux noms et qu'elle avait simplement la volonté "de construire un rassemblement dynamique, crédible et qui correspond au projet et au fond". 

"Mon souhait c'est de rassembler, je veux de la cohérence et de la compétence", a-t-il martelé ce mardi soir. Une manière pour lui de fustiger ceux "qui se sont enfermés dans des logiques de parti", alors que la chancelière allemande Angela Merkel venait tout juste de réaffirmer son soutien au candidat de la droite, son compatriote Manfred Weber, pour succéder à Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission. 

"Ma priorité, c'est d'avoir les gens les plus qualifiés", a encore lancé le président français, avant de rappeler: "La nouvelle donne est simple: la montée du sujet climatique qui s'impose à nous tous, l'impossibilité de dégager une majorité au Parlement avec seulement deux partis et donc la nécessité de bâtir avec tous les pro-européens une vraie coalition de progrès".
Jeanne Bulant