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Hollande, "social-démocrate" assumé?

François Hollande lros de sa conférence de presse

François Hollande lros de sa conférence de presse - -

En recadrant Bercy, jeudi lors de la seconde grande conférence de presse de son quinquennat, François Hollande a voulu assumé une ligne "social-libérale".

"Ce qui m'importe, c'est la ligne". François Hollande a affiché clairement jeudi, lors de sa conférence de presse, une ligne "social-libérale"

A un journaliste qui l'interrogeait sur les critiques provoquées contre Bercy par les dissensions entre le ministre de l'Economie Pierre Moscovici, et son homologue du Redressement productif, Arnaud Montebourg, le chef de l'Etat a ainsi répondu: "Il ne doit y avoir qu'une seule ligne au sein du gouvernement", après avoir souligner la nécessité de poursuivre le redressement budgétaire et affiché son soutien au monde de l'entreprise.

Hollande sort-il de la ligne 'ni-ni'?

"Hollande, l'expert, l'orfèvre de la synthèse qu'il a pratiquée pendant des dizaines d'années à la tête du PS, a décidé aujourd'hui de sortir du 'ni, ni' et d'un certain flou pour assumer clairement ce qui semblait de plus en plus évident", analyse, après la conférence, Jérôme Fourquet de l'Ifop.

"Jusqu'à présent, le bon élève, celui qui est le plus en phase avec la ligne de Hollande, c'est plutôt Moscovici que Montebourg", estime-t-il, précisant que le président, même s'il s'en défend, est "en train d'afficher clairement une orientation social-démocrate, social-libérale".

Il s'adresse à Montebourg mais aussi à la gauche du parti, dont la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann ou le ministre de l'Economie sociale et solidaire Benoît Hamon, souligne le politologue.

"Je suis pour la compétitivité, je n'ai pas à me renier"

Puis le président a glissé au passage, sans prononcer son nom, que le ministre de l'Economie devait consacrer une grande partie de son temps à l'étranger. "J'en vois les résultats", a assuré laconiquement François Hollande.

"Le fait que l'éloge de Moscovici soit quand même très mesuré peut donner à penser que les deux principales têtes de Bercy seront sacrifiées l'une et l'autre dans un souci d'équilibre: un coup à gauche, un coup à droite, ce qui serait très Hollandais", croit savoir le politologue Philippe Braud, professeur à Sciences Po.

Le président a multiplié jeudi les signaux en direction des entrepreneurs: "nous avons besoin d'entreprises fortes", "je suis pour la compétitivité, je n'ai pas à me renier", "c'est un nouvel état d'esprit, l'esprit d'entreprise, que je veux promouvoir, en associant tous les acteurs".

Les problèmes d'autorité au sein du gouvernement demeurent

Avant son intervention, un groupe de députés socialistes avait appelé dans une tribune sur Huffingtonpost.fr à en finir avec "le temps des oppositions systématiques". "Nous disons à cette France entrepreneuriale: comptez sur nous pour nous battre avec vous", ont-ils martelé.

Philippe Braud voit dans cet épisode "une opération de soutien téléguidée" et dans les propos de François Hollande jeudi "la ligne de sa rencontre avec Barroso: 'je vais être plus ferme, je vais faire preuve d'autorité, on va garder le même cap'.

"Les problèmes d'autorité au sein du gouvernement demeurent mais à ces problèmes s'ajoutaient, ce qui est beaucoup plus grave de mon point de vue un certain flou sur la ligne", a noté Jérôme Fourquet. "Là, on a l'impression qu'ils ont définitivement choisi leur camp", affirme-t-il.


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H.F. avec AFP