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Hollande sifflé et hué: qui veut voir partir le chef de l'Etat?

73 personnes ont été interpellées sur les Champs Elysées après des "Hollande dégage" et des heurts avec la police, lundi.

73 personnes ont été interpellées sur les Champs Elysées après des "Hollande dégage" et des heurts avec la police, lundi. - -

Sur les Champs-Élysées d'abord, puis à Oyonnax dans l'Ain, François Hollande a essuyé sifflets et slogans hostiles. Pour Manuel Valls, les responsables sont des activistes d'extrême droite. Mais est-ce aussi simple?

Le 11-novembre, qui devait être un moment d'union nationale, a été émaillé de plusieurs manifestations hostiles envers François Hollande. Conspué à plusieurs reprises, d'abord sur les Champs-Elysées, puis à Oyonnax dans l'Ain, le président, au plus bas dans les sondages, est resté stoïque devant les sifflets et quolibets.

Ces huées et incidents ont poussé Manuel Valls à sortir de sa réserve lundi pour dénoncer un coup de "l'extrême droite". Mais la désignation de quelques activistes est-elle une explication suffisante à l'heure des bonnets rouges et du collectif de la "Manif pour tous" qui perdure sous sa forme la plus radicale?

Des manifestants très organisés

Affiches, slogans, sites Internet, la machine contestataire qui s'est manifestée sur les Champs lundi, est manifestement bien réglée. Le mouvement n'a rien de spontané.

Selon la préfecture de police, 73 personnes qui s'étaient rassemblées à l'appel "du Printemps français", en pointe contre le mariage homosexuel, et "de groupes d'extrême droite, dont le Renouveau français" ont été interpellées lundi. Quatre d'entre eux se sont soldées par des gardes à vue.

L'un d'eux a été déféré au parquet pour "organisation d'une manifestation non déclarée". Il s'agit d'un homme de 34 ans, proche du Printemps français, et fondateur du collectif "Hollande Démission". Les trois autres gardes à vue ont été prolongées pour "violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique".

Après Taubira, au tour de Hollande?

Pour Christophe Bourseiller, spécialistes des mouvements extrémistes, cette "stratégie" de harcèlement a été mise place par le collectif de la "Manif pour tous" et est en train d'être élargie.

Si elle visait initialement la ministre de la Justice Christiane Taubira, victimes à plusieurs reprises d'attaques racistes, le risque est de voir ces manifestations bruyantes accompagner chacun des déplacements de l'exécutif.

Face à la transgression, droite et gauche confondues, jouent la carte de l'unité, jusqu'à Marine Le Pen qui condamnait les sifflets, tout en dénonçant des "arrestations arbitraires". Le président de l'UMP Jean-François Copé a ainsi jugé "très regrettable" le "mélange des genres un jour comme le 11 Novembre". Du côté de la presse, les éditorialistes de France, à droite et à gauche, se sont également indignés ce mardi matin, dans leurs médias respectifs.

D. N. avec A. Alos et A. Pateyron et K. Laffin