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Hollande annonce la création d'une fondation pour la mémoire de l'esclavage

Selon François Hollande, le réseau des attentats de Paris et Bruxelles "en voie d'être anéanti".

Selon François Hollande, le réseau des attentats de Paris et Bruxelles "en voie d'être anéanti". - Capture BFMTV

Quinze ans après la loi Taubira faisant de l'esclavage un crime contre l'humanité, François Hollande a annoncé mardi la création d'une fondation dédiée, une "victoire" pour les associations qui réclament "réparation" depuis des années.

"Je souhaite donner à la France une institution qui lui manque encore, une fondation pour la mémoire de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions", a indiqué le chef de l'Etat, lors des cérémonies de commémoration organisées dans les jardins du Luxembourg, à Paris.

Cette fondation "sera une source de promotion des valeurs de liberté, d'égalité, de tolérance" et "diffusera la connaissance de l'esclavage, de la traite mais aussi tout le combat des abolitionnistes", a-t-il ajouté, en précisant qu'elle rassemblerait "toutes les mémoires et tous les Français".
Créée "avant la fin de l'année", elle devra aussi réfléchir, avec la mairie de Paris, "à l'édification d'un mémorial aux esclaves et d'un lieu muséographique", a-t-il ajouté.
Plusieurs associations antiracistes - SOS Racisme, Cran, Licra et Crif - avaient exhorté François Hollande lundi à créer un "musée de l'esclavage" dans l'Hexagone, alors que ce sujet sensible reste lourd d'enjeux de mémoire. En effet, il y a bien "quelques salles" dans les musées de Nantes et de Bordeaux, et le Memorial Acte en Guadeloupe, inauguré il y a tout juste un an, mais "la plupart des Français ne pourront s'y rendre", soulignent SOS Racisme et le Cran (Conseil représentatif des associations noires de France).

Pour le Cran, la création de la fondation annoncée mardi est une "victoire", qui "constitue objectivement une avancée importante en matière de réparation". "On va plutôt dans le bon sens mais tout cela reste très flou. Est-ce que l'Etat mettra des fonds?"", a toutefois estimé le président de SOS Racisme Dominique Sopo.

A.M et V.R. avec AFP