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Déchéance de nationalité: quand Hollande la qualifiait de mesure de droite inutile

Quand Hollande qualifiait la déchéance de "chose de droite" qui "n'apporte rien" - Mercredi 16 mars 2016

Quand Hollande qualifiait la déchéance de "chose de droite" qui "n'apporte rien" - Mercredi 16 mars 2016 - Dufour - Pool - AFP

Le journal Le Monde reprend ce mercredi l'ouvrage "Le Pari" de Charlotte Chaffanjon et Bastien Bonnefous. Parmi quelques passages choisis avec soin, on y retrouve les propos de François Hollande au lendemain des attentats de janvier 2015, hostile au principe de déchéance de nationalité.

La déchéance de nationalité fait partie de ces "choses de droite qui sont de l'ordre du symbolique et qui n'apportent rien à la lutte contre le terrorisme", explique François Hollande dans un livre dont Le Monde publie mercredi les bonnes feuilles.

Dans ce livre ("Le Pari", Plon, sortie le 24 mars), les auteurs, Charlotte Chaffanjon et Bastien Bonnefous, relatent un entretien avec le président de la République le 16 juillet 2015, soit six mois après les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher et quatre mois avant les attaques du Bataclan et du Stade de France.

"On voit bien qu'il y a des sujets qui s'installent, comme le terrorisme, la question de l'immigration, le vivre-ensemble, la religion, l'islam... On voit bien comment la droite et l'extrême droite essaient d'utiliser les inquiétudes réelles des Français, pour en faire des sujets de la présidentielle", analyse alors François Hollande.

Une mesure symbolique

" Si on est, sur ces sujets-là, dans une surenchère avec la droite, c'est comme dire : bon finalement, l'extrême droite et la droite ont raison. Il faut que l'on montre que la lutte contre le terrorisme n'est pas un sujet de division, surtout lorsque la droite cherche à nous emmener sur un terrain qui n'est pas le nôtre", poursuit le chef de l'Etat.

François Hollande, narrent les auteurs, se met alors "à lister, une pointe de mépris dans la voix, les idées qu'il refuse de faire siennes: 'La déchéance de nationalité, ou l'indignité nationale, vous savez toutes ces choses de droite qui sont de l'ordre du symbolique et qui n'apportent rien à la lutte contre le terrorisme'".

Quatre mois plus tard, après les attentats de Paris (130 morts), le président de la République annonçait devant le parlement réuni en Congrès sa volonté d'une réforme constitutionnelle comprenant l'inscription de l'état d'urgence dans la loi fondamentale et l'élargissement de la possibilité de déchoir de la nationalité française aux bi-nationaux, même né en français, et condamné pour terrorisme.

A.-F. Lespiaut avec AFP