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Avec le prélèvement à la source, Emmanuel Macron redoute de "brûler un capital politique"

Emmanuel Macron lundi au collège Jules Renard de Laval.

Emmanuel Macron lundi au collège Jules Renard de Laval. - AFP

En marge d'une visite au collège Jules Renard de Laval, puis à la préfecture, le président a exprimé des doutes quant à l'opportunité politique de mener à son terme la réforme sur le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu. Des propos démentis tardivement par l'Elysée.

Des coups à prendre plus qu'un bénéfice à en tirer. Telle semble être l'appréciation d'Emmanuel Macron, confiée lors d'une conversation avec deux élus locaux à la préfecture de la Mayenne en fin de journée lundi, sur le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu. Des propos tenus en marge de sa visite au collège Jules Renard de Laval

"Avec ça, on peut brûler un capital politique. (...) Ceux qui me poussent à faire cette réforme ne seront pas là demain pour me défendre", a lâché le président.

Des propos tardivement démentis par l'Elysée ce mardi matin, mais rapportés par deux élus de bords différents présents au côté du chef de l'Etat. 

"Imaginez qu'il y ait 100.000 bugs", s'est encore inquiété Emmanuel Macron. La réforme de l'impôt sur le revenu est décidément marquée du sceau de l'incertitude. Emmanuel Macron avait déjà semé le doute jeudi depuis Helsinki, expliquant attendre des "réponses" avant de donner la "directive finale" pour cette réforme adoptée sous François Hollande et déjà repoussée une fois.

Samedi, Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics avait admis que "l'arrêt" du prélèvement à la source n'était pas exclu, évoquant des considérations sur les potentiels effets "psychologiques" de la réforme censée entrer en vigueur début 2019.

Réforme ou non: un double risque politique

Emmanuel Macron doute-t-il de son administration? "Tout ce qu'il a entendu sur le thème de 'Tout est prêt, tout est techniquement calé, certes il y a eu des problèmes quand on a fait des essais à la fin juillet (voir la note publiée par Le Parisien), mais désormais tout est résolu, tout ça, n'a manifestement pas rassuré le président de la République", analyse Thierry Arnaud, éditorialiste politique de BFMTV. "La conclusion logique de ces propos, alors qu'une décision est attendue demain mardi, car il reçoit à 11h15 le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, est que le président n'est pas du tout confiant", continue-t-il.

Pour notre éditorialiste, Emmanuel Macron doit soupeser deux risques politiques différents et antagonistes. Le risque d'un renoncement à la réforme "puisque toute l'image d'Emmanuel Macron depuis son arrivée à l'Elysée et depuis même sa campagne présidentiel est d'être un président qui avance, qui réforme". Et à l'opposé, l'autre risque, "de conduire une réforme qui risque de ne pas marcher, outre l'impact de voir un somme en diminution sur votre bulletin de salaire, c'est aussi un risque politique. Donc voilà, il faut peser l'un et l'autre et prendre une décision", conclut Thierry Arnaud.

David Namias