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Régionales: quelle stratégie pour EELV?

Les cadres de EELV réunis en 2013 lors de l"élection d'Emmanuelle Cosse à leur tête

Les cadres de EELV réunis en 2013 lors de l"élection d'Emmanuelle Cosse à leur tête - CHARLY TRIBALLEAU - AFP

Les élections régionales s'annoncent comme un nouveau revers pour la majorité, qui cherche néanmoins sous l'impulsion du PS à être la plus unie possible. Pas véritablement un succès pour le moment, puisque EELV et le Front de gauche préfèrent tenter  un cavalier seul.

Le PS est parvenu à l’arraché à conclure un accord avec ses alliés des radicaux de gauche. Mais un tel scénario est-il possible avec les écologistes? En l’état, cela paraît peu probable. D’autant que l’appel du pied du patron socialiste Jean-Christophe Cambadélis est plutôt rude: "Nous voulons un accord national beaucoup plus large. (…) Un rassemblement de l'ensemble des forces de gauche et des écologistes" pour les régionales de fin 2015. Et d’ajouter : "On les rappelle à l'ordre, on les siffle".

La menace FN comme argument principal

Pas sûr que la formulation choisie permette d’adoucir les relations entre les anciens alliés de 2012. Déjà, dans quatre régions - Nord-Pas-de-Calais/Picardie, Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes-Auvergne et Provence-Alpes-Côte d'Azur – les discussions d’Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV) ont abouti ou sont en bonne en voie avec le parti de gauche et le front de gauche. Notamment pour la première et la quatrième, le PS martèle que l’union est la seule alternative à une victoire des chefs de file Front national Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen.

Sans convaincre, visiblement:

"Ce que dit le PS c’est: "Il faut que l'on perde tous ensemble en bon ordre. Mais moi, je n'ai pas envie de monter sur le Titanic pour faire joli" se défend le monsieur élection des écologistes David Cormand dans les colonnes du Parisien.

Pas si différent, finalement, de l’analyse de Jean-Michel Baylet qui a lui conclu un accord pour sa famille politique. "Enfin, nous y sommes arrivés. Cela n'a pas été sans mal (...) L'accord entre socialistes et radicaux (...) n'est jamais vraiment naturel, en tout cas, il n'est jamais spontanément naturel. Mais ce dont je suis convaincu, c'est qu'il est nécessaire".

En réponse à David Cormand, son homologue au PS, Christophe Borgel rétorque: "Si l’on n’arrive pas (à un accord), chacun prendra ses responsabilités. Mais on se battra jusqu’au bout pour convaincre nos partenaires".

Les sondages sceptiques sur l'intérêt d'une alliance?

Pourtant, les premières estimations dans les régions "à risques" montrent que le PS allié ou non aux écologistes ne parvient pas à emporter l’adhésion des futurs votants jusque dans des territoires qui lui étaient acquis jusque-là comme le Nord-Pas-de-Calais. "Les sondages nous créditent de 14% avec le Front de Gauche au premier tour, le PS est à 17%, le FN est à 31%. En cas de fusion pour le second tour, on est donc à égalité et on peut l'emporter", détaille au Figaro Sandrine Rousseau, chef de file EELV dans la région et qui refuse la main tendue du PS. Des estimations qui ont aussi convaincu Emmanuelle Cosse, patronne de EELV, de se lancer seule dans la bataille en Ile-de-France.

Quelle marge de négociation pour le PS?

Dans le Nord, Sandrine Rousseau assure ne pas "avoir peur du FN", ce qui tue ainsi dans l’œuf le principal argument du PS. Même si celui-ci est accrédité par certaines personnalités du parti comme François de Rugy ou Jean-Vincent Placé, classés pro-gouvernement chez les Verts. Cette bravade accrédite aussi la thèse que le périmètre de négociation du parti de la majorité gouvernementale est faible, à moins de six mois du scrutin.

En prévision de la présidentielle de 2017, la constitution d'un axe fort entre EELV et le front de gauche pourrait s'avérer dévastateur pour François Hollande ou un éventuel autre candidat socialiste. D'ailleurs ces deux camps n'ont pas encore tranché la question d'une potentielle primaire pour désigner un candidat.

Mais la question financière pourrait devenir un argument de poids. En effet, rapporte L’Opinion mardi, les finances d’EELV sont en souffrance depuis l’échec d’Eva Joly à la présidentielle de 2012, alors que les cotisations de militants peinent à remplir les caisses.

S.A.