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Eric Zemmour chahuté à Marseille, qu'il présente comme "désintégrée par l'immigration"

Le candidat putatif à la présidentielle est en visite pendant deux jours dans la cité phocéenne. "Ceux qui manipulent notre histoire pour mieux la réécrire dans une propagande de la haine de l'autre seraient bien inspirés en venant ici de se rappeler ce qui fait notre identité", a réagi l'édile Benoît Payan.

Le polémiste d'extrême droite Eric Zemmour, qui doit annoncer sa candidature à la présidentielle dans les prochains jours, a effectué ce vendredi une dernière visite mouvementée à Marseille, ville qu'il a présentée comme "l'anti-exemple" et "désintégrée par l'immigration".

"Marseille est désintégrée par l'immigration. (...) Si on ne fait rien, toute la France sera comme Marseille, une ville submergée par l'immigration et en partie islamisée", a déclaré à la presse le polémiste à l'issue d'une visite du quartier historique du Panier et de la basilique Notre-Dame de la Garde. Marseille ville cosmopolite "c'est un mythe", a ajouté l'essayiste.

Ville portuaire, Marseille a été façonnée au cours des siècles par différentes migrations, italienne, arménienne, comorienne et du Maghreb, entre autres.

Échanges avec un syndicat de policiers

Eric Zemmour a également échangé avec des représentants de France Police, un syndicat de policiers minoritaire non représentatif, présenté comme proche du Rassemblement national (RN), devant lesquels il a défendu pour la police "le monopole de la force et de la violence légitime".

Le diocèse de Marseille avait prié le polémiste de ne pas s'exprimer dans l'enceinte "sacrée" de la "Bonne Mère", où il avait prévu ce point presse, qui a finalement eu lieu en dehors du sanctuaire.

"Qu'il visite Notre-Dame est son droit, mais ce n'est pas le lieu pour une déclaration politique", avait insisté le diocèse auprès de l'AFP, en précisant que cette demande était la même quel que soit le parti politique concerné.

Eric Zemmour avait auparavant déambulé très brièvement, sans rencontrer personne, dans le quartier du Panier, sous les cris de manifestants qui scandaient "Zemmour casse-toi, Marseille antiraciste". Il était guidé par une élue municipale ex-RN Jeanne Marti. "Ce n'est pas des Marseillais, c'est des militants", a affirmé Eric Zemmour.

Manifestations contre la venue du polémiste

Vendredi matin, à bord du TGV en direction de Marseille, Eric Zemmour est finalement descendu du train à Aix-en-Provence au lieu de la cité phocéenne, où l'attendaient des manifestants opposés à sa venue.

Son entourage a expliqué ce changement d'arrivée par la nécessité de "s'adapter", en accusant "des médias" d'avoir transmis son programme à des "organisations en relayant les appels à la violence contre Eric Zemmour".

Dans la soirée, 200 à 300 personnes ont manifesté à nouveau contre sa venue près de la Canebière, la célèbre artère descendant vers le Vieux-Port, avec comme slogan "Zemmour, Marseille n'est pas à toi".

"C'est normal d'être là. Il faut arrêter ce monsieur et tous ceux qui propagent les mêmes idées. Il trimballe de la haine", a déclaré à l'AFP une des manifestantes, Annick Chaillé, de la Ligue des droits humains, 75 ans.

Pour la première fois, le polémiste n'était pas accompagné de sa proche conseillère Sarah Knafo, alors que ses avocats ont annoncé leur intention d'attaquer en justice Closer, qui affirme dans son numéro publié vendredi que cette dernière attend un enfant de lui, après un échec jeudi d'interdire la publication du magazine people.

Le maire de Marseille défend sa ville et dénonce "une propagande abjecte"

Le maire socialiste de Marseille Benoît Payan, qui signait au même moment un contrat territorial d'accueil et d'intégration avec le délégué interministériel à l'accueil et l'intégration des réfugiés, a souligné que "tout dans notre histoire (...) fait rempart au refus de l'autre, aux discours de rejet, de haine, de divisions".

"Ceux qui manipulent et tordent notre histoire de France pour mieux la réécrire dans une propagande abjecte seraient bien inspirés en venant ici à Marseille, ville qui a donné son nom à l'hymne national, de revoir notre histoire et notre identité", a ajouté l'édile dans une allusion à Eric Zemmour, qui truffe ses discours de références à l'histoire mais la fait parfois mentir.

Samedi, Eric Zemmour doit se rendre sur le Vieux-Port, au marché aux poissons, après un "rendez-vous provençal" vers la cathédrale de la Major.

F.R. avec AFP