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"En marche": les soutiens de Macron recrutent des volontaires

Les soutiens d'Emmanuel Macron organisent la Grande Marche du ministre à la rencontre des Français

Les soutiens d'Emmanuel Macron organisent la Grande Marche du ministre à la rencontre des Français - Sébastien Bozon-AFP

La grande marche d'Emmanuel Macron s'organise. Atelier formation ce samedi à Paris pour 40 soutiens du fondateur de "En marche !" qui devront recruter 4.000 bénévoles en vue de cette vaste consultation. L'ambitieuse marche du ministre de l'Economie vers 2017 serait-elle en train de se préciser?

Si Emmanuel Macron reste ambigu quant à ses ambitions personnelles, il semble faire un pas de plus vers 2017. Ce samedi, "En marche !", le mouvement politique qu'il a créé début avril, organise à Paris un atelier un peu particulier.

Objectif: former une quarantaine de personnes qui recruteront des volontaires dans le cadre de sa grande marche. Cette consultation ira à la rencontre de 100.000 Français afin qu'Emmanuel Macron puisse "se confronter au réel", a expliqué sur RTL Guillaume Liegey, cofondateur d'une start-up spécialisée en stratégie électorale et organisateur de l'opération.

300 coordinateurs et 4.000 volontaires

La grande marche a donc besoin de 300 coordinateurs et 4.000 volontaires pour aller frapper aux portes, avec un départ "courant mai" pour s'achever cet été. 

"On veut faire une radiographie, Emmanuel Macron parle de diagnostic, et pour cela on va faire du porte-à-porte, non pour convaincre les gens de quelque chose mais pour écouter", affirme Guillaume Liegey, ancien volontaire dans la campagne américaine de 2008 du futur président Barack Obama.

Les coordinateurs seront formés au cours de deux ateliers pratiques, "des jeux de rôle où ils vont s'entraîner à passer un coup de fil à un volontaire potentiel pour le convaincre de venir assister à une session de porte-à-porte. Ensuite, on va mimer du porte-à-porte avant d'en faire. On veut être au plus près des conditions du réel. Il faut s'entraîner."

Que fera Emmanuel Macron après ces "100.000 dialogues" enregistrés et classés ? "Réfléchir", assure le communicant. "Lorsqu'on réfléchit à un plan d'action, ça rend la démarche beaucoup plus concrète."

"Nourrir un projet présidentiel"

Depuis le lancement de son mouvement politique début avril, Emmanuel Macron interroge quant à ses projets pour 2017. Dans une interview au quotidien belge Le Soir, le ministre de l'Economie confiait vouloir avec "En marche !" "nourrir un projet présidentiel", précisant qu'une candidature l'année prochaine n'était pas "la priorité". Mais tout en laissant ouverte la question de la personne destinée à porter ce projet.

Pourtant, d'autres sorties laissent planer le doute. Dans un entretien vendredi au Dauphiné libéré, le ministre de l'Economie, qui semble bel et bien creuser son sillon, a revendiqué sa liberté politique. Il a déclaré ne pas être "l'obligé" de François Hollande, propos qu'il a par la suite regretté face au tollé.

Surnommé "Emmanuel Microbe"

L'ex-banquier d'affaires enchaîne les sorties polémiques, à contre-courant de la ligne du gouvernement. Après celles sur les 35 heures et la rémunération au mérite des fonctionnaires, il a proposé mercredi la suppression de l'Impôt sur la fortune, recadré aussitôt par le Premier ministre qui a parlé de "faute".

L'ancien secrétaire général de l'Elysée, en tête dans les sondages de popularité, agace au sein même du gouvernement, surnommé "Emmanuel Microbe" par les proches de Manuel Valls. Le Premier ministre l'a par ailleurs rappelé "à être pleinement attelé à ses fonctions". Même Jean-Yves Le Drian, en charge de la Défense, y est allé de son petit mot: "La vie politique et en particulier lorsqu'on est membre d'un gouvernement, c'est un peu comme au football: il faut jouer collectif sinon on ne gagne pas".

A moins d'un an de l'élection présidentielle, les 4.000 futurs volontaires de sa grande marche ne risquent pas de faire taire les rumeurs d'une éventuelle candidature d'Emmanuel Macron à l'Elysée.

Céline Hussonnois Alaya