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EDITO - "L'attentat va peser dans l'esprit des Français indécis"

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LE BAROMETRE DES EDITORIALISTES - Au lendemain de l'attaque terroriste qui a coûté la vie à un policier sur les Champs-Elysées, les éditorialistes de BFMTV s'interrogent sur l'impact de cet événement sur la fin de la campagne présidentielle.
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> Christophe Barbier: "L'actualité peut jouer un rôle jusqu'au bout sur les indécis"

"La campagne est terminée, d’abord parce que les trois principaux candidats suspendent leurs derniers déplacements. C’était les dernières vingt-quatre heures, les jugements sont évidemment déjà stabilisés. Mais l’actualité peut néanmoins jouer un rôle jusqu’au bout sur les indécis. Quel message vont écouter les électeurs français? Le message de Marine Le Pen? Son message: 'Tout n’est pas fait, il faut en finir avec le laxisme, la naïveté' touchera les électeurs s’ils considèrent que cet individu aurait dû être arrêté avant et qu’il n’aurait pas dû pouvoir passer à l’action jeudi soir. Est-ce qu’ils entendront plutôt le message de François Fillon? 'Face à une menace terroriste pérenne, il faut un homme qui ait l’expérience de l’Etat, il faut le choisir lui parce qu’il a piloté l’administration pendant cinq ans'. Est-ce qu’ils considéreront qu'Emmanuel Macron a réussi jeudi soir l’épreuve du feu? C’est-à-dire, face à une actualité brûlante et tragique, qu’il a réussi à montrer du sang-froid, de la détermination et à prouver qu’il avait du répondant? On voit bien que le dernier sondage prenait en compte les derniers éléments de la campagne plutôt sur les terrains sociaux et économiques. L’attentat déjoué de Marseille n’a eu qu’un faible impact sur le comportement des Français. Là, il y a eu une victime. L’attentat a réussi, donc bien entendu, il va peser dans l’esprit des Français. Espérons que son premier impact sera de pousser à la participation. Il faut une réponse démocratique à une attaque contre la démocratie".

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Laurent_Neumann_bandeau.jpg © -

> Laurent Neumann: "Les questions de sécurité reviennent sur le devant de la scène"

"Est-ce qu’une attaque de ce genre, à quarante-huit heures d’un scrutin, pèse sur la campagne? La réponse est oui. En vérité, ces questions de sécurité ont été quasiment absentes du débat présidentiel ces derniers mois. Et tout à coup, à cinq jours du premier tour, elles reviennent sur le devant de la scène. D’ailleurs, vous avez vu la réaction des candidats. Immédiatement, certains ont décidé de suspendre leur campagne. Mais ils ne s’abstiennent pas de commenter. Et certains peuvent se servir de cette actualité pour continuer à faire campagne… tout en disant que leur campagne est suspendue. Est-ce que ça va impacter le résultat? Il faut revenir un petit peu en arrière. Vous vous souvenez de Mohamed Merah en 2012? Mais c’était en février, plusieurs semaines avant le premier tour. On a eu le temps de le digérer. Là, personne ne peut répondre à cette question, pour une raison simple: c’est que vendredi soir, à partir de minuit, non seulement il n’y a plus de campagne, mais il n’y a plus de sondages. Ce qui est certain, c’est que ça peut influer sur un aspect: la participation. Est-ce que la meilleure réponse à ce genre d’acte, ça n’est pas d’aller voter massivement? Et là oui, pour le coup, ça peut avoir un impact sur le résultat final."

G. de V.