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Municipales: dernière élection pour les "cumulards"

Plusieurs socialistes conduisent des listes aux municipales en revendiquant de pouvoir siéger encore trois ans à la fois en mairie et à l'Assemblée.

Plusieurs socialistes conduisent des listes aux municipales en revendiquant de pouvoir siéger encore trois ans à la fois en mairie et à l'Assemblée. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

La loi sur le non-cumul des mandats ne s'imposera qu'en 2017. En attendant, les "cumulards" tenteront une nouvelle fois leur chance dimanche prochain.

Dernières élections municipales avant le non-cumul des mandats. Parmi les 240 députés qui sont également maires peu anticipent la loi sur non-cumul des mandats, qui ne s'imposera qu'en 2017.

Ainsi plusieurs socialistes conduisent des listes aux municipales en revendiquant de pouvoir siéger encore trois ans à la fois en mairie et à l'Assemblée. La loi sur le non-cumul adoptée fin janvier, et qu'a validée dans la foulée le Conseil constitutionnel, ne provoque pas à ce stade de révolution au Palais Bourbon.

"Le non-cumul est voulu nationalement par tous les Français. Sauf que dans leur ville quand on leur propose un 'cumulard' ils votent pour", afin qu'il "pèse davantage pour leurs dossiers", lâche le patron des députés socialistes, Bruno Le Roux. Il a donné instruction aux députés qui seront élus en mars de ne pas abandonner l'Assemblée, afin d'éviter des élections partielles risquées.

Pari à moitié raté. Se représentent 61 des 94 actuels députés-maires socialistes ou apparentés, sur un groupe de 292 élus. Comme nombre de ses collègues, Olivier Dussopt, candidat à Annonay, en Ardèche, termine son premier mandat municipal et dit avoir "encore beaucoup de travail". Une vingtaine ne se représentent pas en chef de file, tel Laurent Baumel, député-maire de Ballan-Miré, en Indre-et-Loire: "cela m'a un peu coûté mais je suis assez fier de mon choix".

Des députés candidats pour leur 1eres municipales

En outre, une vingtaine de socialistes se distinguent: actuellement non maires, ils briguent cette fonction en mars. Parmi eux, Patrick Mennucci à Marseille, Nathalie Appéré à Rennes, Jacques Cresta à Perpignan, et les suppléants des ministres Michèle Delaunay et Manuel Valls: Vincent Feltesse à Bordeaux et Carlos Da Silva à Corbeil-Essonnes.

Certains sont nouveaux parlementaires comme Hélène Geoffroy (Vaulx-en-Velin), Razzy Hammadi (Montreuil) et Mathieu Hanotin (Saint-Denis). "Il n'y a pas de raison de se mettre en difficulté par rapport à d'autres villes pouvant profiter de députés-maires", explique la première. Mathieu Hanotin veut lui "redresser Saint-Denis", jugeant que "le plus efficace" à cette fin "est d'être candidat". Il assure qu'il ne se représentera pas en 2017 à la députation.

A droite, les mauvais élèves

Rares sont évidemment les candidats à avouer qu'ils privilégieront leur mandat national. A gauche, les écologistes font figure de bons élèves: seul Noël Mamère, qui a annoncé qu'il ne serait plus député d'ici fin 2014, entend conserver la mairie de Bègles (Gironde). Chez les radicaux de gauche, plutôt opposés au non-cumul, huit sont têtes de liste. Au Front de gauche, où les avis sont partagés, ils sont six.

A droite, pas de surprise. Au moins 124 des 199 députés UMP, qui espèrent annuler la loi en 2017, sont têtes de liste, de Christian Jacob à Jean-François Copé. La jeune garde n'est pas en reste: Arnaud Robinet à Reims, Julien Aubert à Carpentras...

Un maire "garde les pieds sur terre", fait valoir l'ancien ministre Patrick Ollier, édile de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) depuis dix ans. Mais selon Thierry Solère, un des cinq UMP à avoir voté en faveur du non-cumul, "les électeurs attendent que les députés fassent le job, qu'ils ne soient pas à l'Assemblée que les mardis et mercredis".

A l'UDI, majoritairement contre le non-cumul, 16 conduisent des listes (Jean-Christophe Lagarde, Yves Jégo, Hervé Morin...). Enfin à l'extrême droite, outre Jacques Bompard à Orange, Gilbert Collard lorgne Saint-Gilles (Gard) alors qu'il a voté aux côtés de Marion Maréchal-Le Pen la loi sur le non-cumul pour mettre fin aux "élus à temps partiel".

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Laure Beaudonnet avec AFP