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Municipales à Paris: Pécresse assume sa "divergence de fond" avec Dati

Désireuse d'élargir le champ d'action de la droite à Paris, si besoin jusqu'à des ex-LR devenus Macron-compatibles, la présidente de la Région Île-de-France - invitée de "BFM Politique" ce dimanche - refuse toujours de soutenir officiellement l'ancienne garde des Sceaux.

A Paris, ça coince toujours à droite. Et les désaccords de la présidente d'Île-de-France avec Rachida Dati n'y sont pas pour rien. Invitée de BFM Politique ce dimanche, Valérie Pécresse a une nouvelle fois écarté tout soutien officiel à la candidate investie par LR pour les prochaines municipales.

"Nous avons des échanges, avec Rachida Dati, mais le problème c'est que nous avons une divergence de fond, sur la stratégie. Moi je pense que les LR ne peuvent pas gagner seuls à Paris", estime l'ancienne ministre de l'Enseignement supérieur.

En toile de fond, il y a les allers-retours de courriers entre les deux rivales, dont les rapports sont distendus depuis un certain temps. Valérie Pécresse entend placer ses troupes. Elle souhaite que des figures de son parti, Libres!, soient en position éligible au Conseil de Paris dans chaque arrondissement.

"Elle veut des gens à elle sur nos listes, elle veut aussi son logo à côté du nôtre... Il y a un moment, il faut redescendre d'un étage", balaie-t-on chez LR.

Besoin d'alliés pour les régionales de 2021

Selon la patronne du conseil régional d'Île-de-France, le parti dirigé par Christian Jacob doit s'élargir et "faire de la place à tous ceux qui mènent une politique de droite à Paris". 

"Je ne comprends pas qu'on me demande de tourner le dos à des maires d'arrondissement qui sont (...) de droite, qui assument de l'être, qui ont fait une bonne politique, de droite, et qui font la politique que je soutiens à Paris, et qui d'ailleurs soutiennent aussi ma politique à la Région", poursuit-elle sur notre antenne.

En clair, Valérie Pécresse considère comme étant une "erreur stratégique fondamentale" de la part de Rachida Dati d'afficher son hostilité à l'égard d'ex-LR comme Delphine Bürkli (maire sortante du IXe arrondissement) ou Florence Berthout (maire sortante du Ve arrondissement). Problème: celles-ci ont été investies comme têtes de liste La République en marche, et la candidate LR ne veut aucun accord de premier tour avec la macronie, qu'elle fustige de plus en plus vertement.

Or, faute de grosse structure partisane à sa disposition, Valérie Pécresse aura besoin à la fois du soutien de ces élus de centre-droit et de quelques troupes au Conseil de Paris sur lesquelles s'appuyer, surtout lorsqu'elle voudra renouveler son bail à la tête de la Région en 2021. Un tremplin essentiel pour la présidentielle de l'année suivante.

Certains chez Libres! ne l'entendent pas d'une oreille aussi catégorique. Pierre Liscia, figure locale du XVIIIe arrondissement et proche de Valérie Pécresse, a eu quelques échanges avec Rachida Dati, qui l'avait approché pour qu'il soit présent sur l'une des listes LR. Ce qui aurait fait sortir la présidente d'Île-de-France de ses gonds.

Jules Pecnard