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Municipales: à Bordeaux, le candidat socialiste annonce sa défaite

Vincent Feltesse (PS) a admis qu'il ne remonterait pas son retard face à Alain Juppé à Bordeaux.

Vincent Feltesse (PS) a admis qu'il ne remonterait pas son retard face à Alain Juppé à Bordeaux. - -

Vincent Feltesse, l'adversaire principal d'Alain Juppé à Bordeaux, estime qu'il ne "remontera pas" son retard dans les sondages. Mais donne déjà rendez-vous en 2020.

Voilà une déclaration qui devrait lui valoir quelques critiques. Le député socialiste Vincent Feltesse, challenger d'Alain Juppé (UMP) pour les municipales à Bordeaux, estime qu'à un mois du scrutin, il ne rattrapera pas son retard dans les sondages.

"J'ai enseigné la communication politique pendant des années, je suis historien, je sais qu'à ce stade on ne remonte pas", a -t-il déclaré lors d'un entretien à l'AFP, quelques jours après la parution d'un sondage donnant sa liste PS-EELV (Europe écologie les Verts) à 24% d'intentions de vote au premier tour. "Arriver au second tour c'est compliqué. Pour l'instant, nous n'avons pas trouvé la martingale", a admis le président de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB).

"On dit tellement que tout va bien à Bordeaux"

Sur les huit dernières élections, la gauche a présenté sept candidats différents, tous battus dès le premier tour. Pourtant, a-t-il lui même noté, elle a gagné du terrain: la socialiste Michèle Delaunay, aujourd'hui ministre déléguée aux personnes âgées, a conquis le deuxième canton en 2004, puis battu Alain Juppé aux législatives de 2007.

Mais pourquoi sa campagne n'a-t-elle pas accroché davantage? "On dit tellement que tout va bien à Bordeaux", ville rénovée à la faible délinquance louée dans tous les guides touristiques. "On est dans une espèce de douce euphorie", selon Vincent Feltesse, estimant que le programme d'Alain Juppé, présenté en "Une" d'un hebdomadaire comme une "superstar", n'évoque pas véritablement de "nouvelle ambition". Preuve en est, selon lui, sa liste à peine renouvelée et où l'on compte un représentant de la Manif pour tous.

"Le contexte national est pourri"

Le "contexte national est pourri", note-t-il encore. Ainsi, dans le cas de Bordeaux, le dernier sondage montre que le candidat communiste Vincent Maurin réalise son meilleur score "chez les catégories socio-professionnelles élevées et les professions intellectuelles, signe d'un électorat socialiste qui décroche".

Pour la suite, Vincent Feltesse se dit cependant d'attaque. Persuadé que la gauche restera majoritaire dans les 28 communes composant la Communauté urbaine de Bordeaux, il souhaite rester son président, même s'il n'est plus maire, ce que la droite lui conteste déjà. Concernant Bordeaux, il promet dans sa profession de foi de rester: "Je me relèverai et je retournerai au combat. Je siégerai au Conseil municipal. J'y mènerai une opposition intraitable. Et en 2020, je me représenterai".

"C'est le dernier mandat d'Alain Juppé (ndlr: âgé de 68 ans, élu depuis 1995). Il n'y a pas de nouvelle tête à droite, alors que la ville change. Cela sera beaucoup plus jouable!", a-t-il assuré. "Mieux valait mettre dès maintenant un pied dans la porte pour pouvoir organiser de l'intérieur une opposition efficace et préparer le terrain". "J'en ai la certitude: je serai maire de Bordeaux".

Je vois que tt le monde s'affole ms rassurez-vous je ne me laisse pas abattre, je vous donne RV dimanche pour ma liste ordonnée ! #VBdx2014
— Vincent Feltesse (@VincentFeltesse) 28 Février 2014
au moins ça donne un coup de fouet médiatique, comme quoi on peut faire le buzz avec info bidon comme le fait Juppé superstar sans projet
— Vincent Feltesse (@VincentFeltesse) 28 Février 2014
Y. D .avec AFP