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Municipales 2014: victoire historique des nationalistes à Bastia

La victoire de Gilles Simeoni (au centre) a provoqué des scènes de liesse à Bastia.

La victoire de Gilles Simeoni (au centre) a provoqué des scènes de liesse à Bastia. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

En remportant la deuxième ville de Corse, le nationaliste Gilles Simeoni a provoqué un "séisme politique" sur l'île de Beauté. La gauche, elle, essuie une défaite historique.

A l'image du scrutin national, le second tour des élections municipales risque de s'avérer traumatisant pour la gauche en Corse, qui vient de perdre les deux principales villes de l'île.

Mais le coup de tonnerre est venu de la victoire de Gilles Simeoni à Bastia, mettant un terme à 46 ans de pouvoir sans partage de la famille Zuccarelli et des radicaux de gauche alliés aux communistes à la mairie de la deuxième ville corse. Sa liste a gagné au second tour avec 55,4% des voix, contre 44,6% pour Jean Zucarelli.

Un "nationalisme d'ouverture"

Fils du patriarche du nationalisme corse, Edmond Simeoni, l'avocat Gilles Simeoni va ainsi devenir le premier maire nationaliste d'une grande ville corse.

Dès l'annonce de la nette victoire de ce dernier, des centaines de Bastiais en liesse agitant des drapeaux blancs à tête de Maure ont envahi le centre-ville.

Partisan d'un "nationalisme d'ouverture" basé sur la démocratie et le rejet de l'action armée clandestine, Edmond Simeoni avait été rallié au second tour par un candidat de gauche, François Tatti, et le candidat UMP-UDI, Jean-Louis Milani.

A Ajaccio, la victoire de la jeune garde de la droite

A Ajaccio, c'est le jeune député UMP Laurent Marcangeli qui a créé la sensation, en l'emportant face au maire DVG sortant, Simon Renucci. La victoire de l'étoile montante de la droite corse a été accueillie par une explosion de joie autour de la Maison carrée, l'hôtel de ville de la Cité impériale.

Il a obtenu 47,11% des voix, contre 46,03% à Simon Renucci et 6,86% au nationaliste José Filippi. Le maire sortant, déjà battu aux législatives en 2012 par Laurent Marcangeli, a dénoncé dans la soirée "des irrégularités dans ces élections" avant d'annoncer qu'il se retirait de la vie politique.

Échec sur toute la ligne pour la gauche

Enfin, la gauche a essuyé un troisième échec dans la troisième ville de l'île, Porto-Vecchio, où socialistes et communistes s'étaient alliés aux nationalistes modérés pour battre le maire sortant UMP, Georges Mela. Mais celui-ci, qui avait raté la réélection de 39 voix au premier tour, a nettement battu le nationaliste Jean-Christophe Angelini avec 54,5% des voix.

L'échec du président communiste de l'Assemblée de Corse Dominique Bucchini pour reconquérir sa ville de Sartène, que le maire UMP sortant, Paul Quilichini, a conservé, a enfin scellé l'échec majeur du PCF en Corse où il ne possède plus aucun élu dans une grande ville.

Y. D .avec AFP