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L'ex-ministre de la Culture Catherine Trautmann propulsée tête de liste PS à Strasbourg

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L'ancienne membre du gouvernement Jospin a dû se substituer en catastrophe à Mathieu Cahn, désigné lors d'une primaire locale mais qui s'est retiré en raison d'une affaire pénale qui ne le concerne pas directement.

Retour en gauche plurielle. À Strasbourg, c'est un petit coup de tonnerre qui ébranle la campagne du Parti socialiste pour les élections municipales. Mercredi, la tête de liste PS Mathieu Cahn a tenu une conférence de presse pour annoncer qu'il abandonnait la course et, surtout, qu'il confiait les rênes de sa liste à Catherine Trautmann, ministre de la Culture sous Lionel Jospin. 

Révélé par Les Dernières nouvelles d'Alsace, le départ de Mathieu Cahn, choisi par les militants socialistes locaux lors d'une primaire, est dû à un procès auquel son nom est associé. Il s'agit d'une affaire concernant la Maison des associations de Strasbourg, dont il était président lorsque son directeur a été licencié - en 2019 - après des accusations de harcèlement sexuel. Mathieu Cahn a ainsi rappelé mercredi qu'il n'était pas personnellement "mis en cause", tout en expliquant vouloir coopérer avec la police.

Face au dauphin de son ancien dauphin

Ministre de la Culture de 1997 à 2000, âgée de 69 ans, Catherine Trautmann a surtout déjà occupé le fauteuil de maire de Strasbourg pendant près de 9 ans, notamment dans les années 90. Elle va donc affronter Alain Fontanel, candidat La République en marche et premier adjoint de l'édile sortant, Roland Ries, ancien socialiste rallié à la macronie. 

Détail politique amusant, similaire à ce qui a pu se produire dans des villes comme Marseille ou Lyon, Roland Ries a été le bras droit de Catherine Trautmann pendant plusieurs années. Il la remplace notamment à l'hôtel de ville lorsqu'elle est amenée à s'installer rue de Valois. En 2000, lorsqu'elle revient à Strasbourg et souhaite cumuler mairie et métropole, son premier adjoint se rebiffe. La crise qui s'ensuit entraîne la lourde défaite du PS dans la capitale alsacienne l'année suivante. 

Le PS en très grande difficulté

Malgré cette expérience, Catherine Trautmann aura fort à faire pour retrouver les clefs de la mairie. Selon un sondage Ifop-Fiducial publié le 23 janvier pour Sud Radio, la liste PS - créditée de 9% des intentions de vote - ne serait même pas en capacité d'atteindre le second tour. C'est une liste commune EELV-PCF, sous l'égide de Jeanne Barseghian, qui vire actuellement en tête avec 27% des intentions de vote. 

La candidature d'Alain Fontanel, en tandem avec le MoDem, talonne ce ticket écolo-communiste en pointant à 25%, loin devant Les Républicains et le Rassemblement national. Pour l'heure toutefois, c'est l'alliance vert-rouge qui est donnée gagnante au second tour. 

Jules Pecnard