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L'UMP et le centre pourraient remporter 80% des départements

L'UMP et le centre pourrait remporter 1353 cantons sur 2054.

L'UMP et le centre pourrait remporter 1353 cantons sur 2054. - Frédéric Florin - AFP

Selon une étude ElectionScope, une vague bleue pourrait traverser la France au terme des élections départementales. Si le FN est annoncé grand gagnant du premier tour, le parti de Marine Le Pen devrait se contenter du rôle d'arbitre lors de la désignation des futurs présidents des conseils départementaux.

Le FN, grand gagnant des élections départementales ? C'est en tout cas ce qui est annoncé depuis quelques semaines par les sondages qui placent le parti de Marine Le Pen en tête des suffrages du premier tour avec plus de 30% des voix. Et pourtant, au soir du 29 mars, au terme du second tour des élections départementales, la nouvelle carte des départements devrait être bleue, mais pas "Bleu marine".

Même si ce scrutin du mois de mars s'annonce inédit avec notamment un redécoupage de la carte électorale, une étude du site d'analyse ElectionScope.fr, en se basant sur les élections cantonales antérieures, prévoit "une vague bleue, voire un tsunami bleu" dans les départements. "Les élections départementales n'ont jamais profité aux sortants, à une exception près le scrutin de 1994", détaille Véronique Jérôme, polito-économiste d'ElectionScope, rappelant que jusqu'à aujourd'hui, la Gauche détenait environ 60% des départements.

1353 cantons aux mains de l'UMP

Au soir du premier tour des élections départementales, la droite, au sens large, pourrait arriver en tête dans 64% des cantons, dont 31% pour le FN contre 33% pour l'UMP et le centre rassemblés. La gauche rassemblée, à la peine, obtiendrait 36% des voix. Autre confirmation de cette étude: le taux d'abstention devrait être élevé avec 57% de Français qui ne devraient pas se déplacer pour voter.

Mais la vague bleue devrait traverser la France au second tour. Selon l'étude d'ElectionScope, l'UMP et le centre pourraient rafler 1353 cantons, sur les 2054 que compte le nouveau découpage électoral. Avec un possible maintien du FN dans 48% des 1995 cantons de la métropole, le parti frontiste devrait décrocher 107 cantons. Le PS verra élire seulement 535 conseillers départementaux, bien loin des 800 à 1.000 espérés par Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du Parti socialiste. "Ce scrutin repose bel et bien sur des ressorts économiques et politiques principalement nationaux, rappelle Véronique Jérôme. Faire campagne sur le local semble être d’un piètre secours."

Le basculement de la Corrèze à droite ?

Forts de ses 1353 cantons conquis, l'UMP et le centre seraient alors en mesure de présider 80% des conseils départementaux après l'élection des présidents. "C'est deux fois plus qu'à l'issue des dernières cantonales de 2011", note l'analyste, rappelant que la gauche qui "contrôlait" jusqu'alors 60% des conseils généraux devrait être en mesure d'en conserver 17. "En dépit du titre de premier parti de France revendiqué par le FN lors des dernières européennes à la représentation proportionnelle à un tour, le parti de Marine Le Pen ne pourra pas véritablement peser sur ces élections", analyse Véronique Jérôme.

Seul le département du Vaucluse pourrait entrer dans le giron frontiste. Selon les prévisions d'ElectionScope, l'UMP serait en mesure de prendre facilement ce département à la gauche, sauf s'il perd un seul de ses duels avec le parti frontiste qui pourrait alors être gagnant. Autre basculement historique envisageable, celui de la Corrèze. Dirigé par Jacques Chirac, il était aux mains des socialistes depuis 2008 et l'élection de François Hollande comme président du Conseil général. La gauche pourrait aussi voir ses deux derniers bastions communistes, l'Allier et le Val-de-Marne, tombés, mais le PS pourrait conserver "de justesse" la Seine-Saint-Denis, empêchant la droite de réaliser un carton plein en Ile-de-France.

Justine Chevalier