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Départementales: Sarkozy-Valls, duel à distance dans l'Essonne

Manuel Valls et Nicolas Sarkozy (ici se croisant avant un match au Stade de France le 19 avril 2014) sont tous les deux en meetings dans l'Essonne lundi soir.

Manuel Valls et Nicolas Sarkozy (ici se croisant avant un match au Stade de France le 19 avril 2014) sont tous les deux en meetings dans l'Essonne lundi soir. - Martin Bureau - AFP

Nicolas Sarkozy et Manuel Valls étaient tous les deux dans l'Essonne, ce lundi soir, pour soutenir "leurs" candidats aux élections départementales, dont le premier tour aura lieu dimanche. L'occasion d'échanger quelques piques.

En meeting à une vingtaine de kilomètres seulement. Le président de l’UMP Nicolas Sarkozy et le Premier ministre Manuel Valls se sont affrontés à distance lundi soir dans l’Essonne, respectivement à Palaiseau et à Evry. Deux rendez-vous très observés, alors que ce département de gauche menace de basculer à droite dimanche au premier tour des élections départementales.

Sarkozy raille Valls et sa "peur"

Nicolas Sarkozy a été le premier à lancer les hostilités, en début de soirée à Palaiseau, devant un millier de personnes. Il a été accueilli par l'assistance au cri de "Nicolas président!".

Nathalie Kosciusko-Morizet, numéro deux du parti, et Georges Tron, candidat UMP aux départementales malgré son renvoi aux assises, étaient présents. 

"Valls, entouré des frondeurs... Ca ne donne pas envie d'y aller!"

Le chef de l'opposition a très rapidement dégaîné contre le chef du gouvernement. Une nouvelle fois, Nicolas Sarkozy a ironisé sur l'expression employée par Manuel Valls début mars, évoquant sa "peur que le pays se fracasse contre le FN". "Il parle bien de la peur... J'aimerais pas être a sa place", a-t-il taclé.

C'est une réunion bien singulière" que celle d'Evry, "c'est un meeting en commun de gens qui n'ont plus rien en commun", a ironisé Nicolas Sarkozy. "Ils se rassemblent le temps de la campagne (...) ca leur tient chaud. Manuel Valls, entouré des frondeurs et des communistes, ça ne donne pas envie d'y aller!"

Lapsus

"Il n'y a plus de majorité, ils ne croient plus en rien, même pas en eux-mêmes. La France n'est plus gouvernée puisque Manuel Valls préfère l'excès des mots, des états d'âme, de la fébrilité là où les Français attendent désespérément du sang froid, de l'action et des résultats", a-t-il ajouté.

Déplorant "l'image que donne François Hollande de la France", il a demandé: "que reste-t-il du 'Moi président'? Il ne reste que le 'Moi-je'. Le président de la République a disparu", a-t-il ajouté. Selon lui, "la gauche est prête à tout pour conserver coûte que coûte ses postes" et le PS est organisé autour de ses "notables, tribuns, avantages". "Ils sont entre eux, c'est-à-dire sans nous", a-t-il lancé.

On relèvera aussi un magnifique lapsus de l'ex-président de la République. Evoquant François Hollande, la langue de Nicolas Sarkozy a fourché lorsqu'il a fustigé "les mensonges de (son) pr... successeur". "J'allais dire de mon prédécesseur... Mon Dieu, j'entends déjà les commentaires!", a-t-il corrigé.

"Pas un duel de coqs à distance"

Manuel Valls a pris la parole un peu plus tard, vers 22 heures en meeting dans son fief d'Evry. "Ce n'est pas un duel de coqs à quelques kilomètres", a prévenu Manuel Valls sur l'estrade, avant de répondre aux piques de Nicolas Sarkozy.

"Nicolas Sarkozy m'a demandé de garder mes nerfs, c'est un spécialiste de la question", a-t-il attaqué. Manuel Valls s'en est également pris à la ligne "ni-ni" de l"UMP. "Quand il (Nicolas Sarkozy, ndlr) est incapable de choisir entre le Front national et la gauche, il démontre non seulement qu’il n’a pas de nerfs, mais qu’il n’a ni colonne vertébrale, ni convictions", a-t-il lancé.

"Il faut être, M. Sarkozy, à la hauteur des enjeux"

"Il faut être, M. Sarkozy, à la hauteur des enjeux (...) Ce que je demande à tous les responsables politiques, c'est d'être à la hauteur de la situation", a insisté Manuel Valls en soulignant l'importance des scrutins des 22 et 29 mars. "Aujourd'hui, la droite française est sans vision", a-t-il accusé. "Aujourd'hui, malheureusement, le programme de la droite ou en tout cas d'une grande partie, c'est devenu une hésitation coupable, le refus de choisir clairement le camp de la République", a-t-il dénoncé.

Manuel Valls est revenu sur sa "peur" du Front national, qui lui a valu de nombreuses critiques, y compris dans son camp. "Moi, j'ai peur ce ceux qui n'ont jamais peur, de ceux qui disent que 'tout va très bien, suivez-moi, je règlerai tout'. Non, il faut affronter la réalité, c'est ma marque de fabrique", a-t-il lancé.

Le Premier ministre, venu défendre Jérôme Guedj, le président du Conseil général de l'Essonne et l'un des frondeurs du PS, avait à coeur, pour l'occasion, de donner l'image d'une famille unie. "C'est beau de voir ici ce soir bien sûr, dans l'Essonne, à Evry, de voir la gauche réunie dans le combat", a expliqué Manuel Valls. "Une gauche qui ne nie pas ses différences, mais qui sait se retrouver et assumer ses responsabilités quand il s'agit de gérer des collectivités locales", a-t-il continué.

Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, asistait à ce meeting, ainsi que la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse, et des représentants du PCF et du PRG. Un meeting où de nombreux orateurs ont insisté sur la nécessité de l'union de la gauche et des écologistes.

V.R.