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EDITO - Démission du général de Villiers: "C'est une façon pour le président de marquer son autorité" 

Le baromètre des éditorialistes - Le chef d'état-major a présenté ce mardi matin sa démission au président de la République, qui l'a acceptée, après un bras de fer de plusieurs jours sur fond de critiques autour du budget de la Défense.

Le chef d'état-major des Armées Pierre de Villiers a annoncé ce mercredi matin sa démission, après un bras de fer de plusieurs jours. Mercredi dernier, il avait vivement critiqué l'effort d'économies de 850 millions d'euros demandé par l'Etat à la Défense. Dans le Journal du Dimanche, le président avait rétorqué que "si quelque chose oppose le chef d'état-major des armées au président de la République, le chef d'état major des armées change."

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> Christophe Barbier: "Emmanuel Macron et Pierre de Villiers sont tous les deux perdants"

"C'est un peu dommage, c'est même anormal de la part de deux hommes dont les responsabilités auraient dû l'emporter sur les egos. On les exhortait à faire ce sacrifice-là, c'est à dire penser d'abord aux troupes, à l'intérêt supérieur de la nation, et à chacun faire un pas l'un envers l'autre. Le président de la République aurait pu concéder que le 13 juillet à l'Hôtel de Brienne il avait été un peu trop brutal et le chef d'état-major aurait pu reconnaître que dans sa critique du budget devant la commission de la défense il aurait pu avoir des propos un tout petit peu plus policés. C'est un peu dommage, d'autant plus que les deux sont perdants. Le général de Villiers est maintenant à la retraite, c'est fini pour sa carrière et il sort par un incident alors qu'il aurait pu, dans quelques mois, sortir sur un bilan formidable, avec notamment ce qui est en train de se passer en Syrie et l'évolution au Sahel. Et puis pour le chef de l'Etat, ça montre que l'autorité nécessite un peu de souplesse. C'est bien de rappeler qu'on est le chef, mais si on le fait trop brutalement en ne soignant pas assez le respect, la personnalité d'autrui, en ne passant pas assez par le tact, on peut avoir des retours de bâton. Demain sur la base d'Istres, le président de la République devra s'expliquer sur quel est désormais son nouveau mode de relation avec l'armée et quel sera le prochain chef d'état-major. Il a intérêt à nommer très rapidement quelqu'un, pour montrer d'abord qu'il y a une armée de réserve et qu'en tant que chef, il sait anticiper tous les incidents qu'ils peuvent arriver. C'est un risque et il y aura une facture parce que depuis le début de son mandat, Emmanuel Macron prend soin de soigner l'armée, de montrer son attachement militaire." 

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> Laurent Neumann: "C'est une façon pour Emmanuel Macron de marquer son autorité"

"Vous ne pouvez pas faire fonctionner ensemble un chef d'Etat, donc chef des armées, et un chef d'état-major des armées, s'il n'y a pas de confiance. On a vu qu'après la séance de l'Hôtel de Brienne, le lien de confiance entre les deux était rompu. On dit depuis plusieurs heures dans l'entourage du chef de l'Etat qu'au fond, le sort de Pierre de Villiers était entre ses mains. En clair, s'il accepte de reconnaître que les mesures prises par Emmanuel Macron et le gouvernement sont bonnes, alors il a toute sa place, la confiance est rétablie et on continue à travailler. Ce que l'on comprend ce matin, c'est que le général Pierre de Villiers n'a pas voulu revenir sur les propos qu'il avait tenus. Certes, il est sans doute satisfait de voir qu'Emmanuel Macron va tenir sa promesse d'augmenter le budget pour les années à venir mais à partir de 2018. Mais il pense que c'est une mauvaise idée de couper les 850 millions d'euros sur les crédits de l'Armée dès cette année. C'est aussi une façon pour Emmanuel Macron de marquer son autorité sur un sujet qui lui est cher. Il va prendre la parole dans quelques heures à la base d'Istres, il faudra qu'il explique pourquoi, comment, et puis la suite." 

L.A.