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EDITO - Cahuzac, un come back peu glorieux

Jean-François Achilli, directeur de la rédaction de RMC et éditorialiste RMC/BFMTV

Jean-François Achilli, directeur de la rédaction de RMC et éditorialiste RMC/BFMTV - -

Jérôme Cahuzac va-t-il se présenter à la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot? La question agite la classe politique et inquiète le PS depuis que l’ancien ministre du Budget a fait une apparition samedi au marché de la ville.

Jean-François Achilli

Directeur de la Rédaction de RMC et éditorialiste RMC/BFMTV

Il intègre la rédaction de France Inter en 1998, puis le service politique en 2000, dont il prend la direction en septembre 2008. Il rejoint RMC en décembre 2012 comme directeur de la rédaction et éditorialiste RMC/BFMTV.

>> Suivez-le sur Twitter @jfachilli

Jérôme Cahuzac, depuis sa démission, n’a jamais cessé de penser à un retour dans son ancien fief. Il nous avait envoyé un signal lors de l’interview accordée il y a un mois à BFMTV et RMC. Souvenez-vous, l’ex-ministre avait certes jugé peu probable son retour au premier plan dans la vie politique. Mais évoquant ses électeurs, "c’est à eux de me dire ce qu’ils souhaitent", avait glissé Jérôme Cahuzac, laissant planer le suspense.

L'ancien ministre a depuis multiplié les coups de fil?

Il n’a pas arrêté d’appeler des notables du cru, élus, commerçants, industriels, tout ce que Villeneuve-sur-Lot compte de décideurs. Et ô surprise, certains d’entre eux n’étaient pas hostiles à son retour. Sur le terrain, l’accueil a été mitigé: les uns ont jugé sa présence indigne, et les autres ont vu dans les prémices de sa démarche un acte courageux. Et se sont montrés bienveillants vis-à-vis de "l’enfant du pays", comme ils l’appellent.

Qu'est-ce qui fera pencher la balance vers une candidature?

Un sondage. Une photographie de l’électorat local, commandée pour Jérôme Cahuzac lui-même. Le résultat de cette enquête sera connu mercredi ou jeudi, hasard du calendrier, juste avant la conférence de presse de François Hollande. A ce moment, l’ancien député, au vu du résultat, aura une dizaine de jours devant lui pour décider si oui ou non il se présentera à cette législative partielle qu’il a lui-même provoquée en démissionnant.

Comment réagissent les socialistes locaux et leur candidat?

Bernard Barral, un petit patron à la retraite investi par le PS, s’est dit profondément choqué que l’ancien ministre vienne "parader sur le marché pour tâter le terrain". Le Parti socialiste local est en émoi: il se réunira jeudi soir toutes ses troupes, élus et militants, pour lancer officiellement la campagne, mais surtout pour faire une démonstration de force, face à la brebis galeuse Cahuzac, qui les effraie quand même un peu.

Et qui est prêt à y aller si son sondage est favorable...

"La politique, c’est comme une drogue dure, Cahuzac n’arrive pas à tourner la page, la désintoxication est difficile", explique un haut responsable national du PS. Pour lui: soit Jérôme Cahuzac sera battu, ce sont donc les électeurs qui auront le dernier mot. Soit il gagnera sans étiquette, et il siègera à l’Assemblée parmi les non-inscrits, à côté des deux élus du Front national. Dans les deux cas de figure, l’issue serait "peu glorieuse".